Collobrières toujours sous le choc du meurtre de deux gendarmes en 2012

Le service METRONEWS
Publié le 10 février 2015 à 12h38
Collobrières toujours sous le choc du meurtre de deux gendarmes en 2012

JUSTICE - Le procès d'Abdallah Boumezaar, accusé du meurtre et de l'assassinat de deux femmes gendarmes en juin 2012, et d'Inès Farhat, jugée pour complicité, a débuté mardi devant la cour d'assises du Var à Draguignan. Près de 3 ans après, les habitants de Collobrières tentent d’effacer ce douloureux souvenir.

En apparence rien n’a changé à Collobrières. Baignée par un doux soleil du mois de février, cette petite commune du Var, au cœur du massif des Maures semble avoir retrouvé sa quiétude malgré le terrible drame du 17 juin 2012. Appelées vers 22 heures pour un banal cambriolage, l'adjudant Alicia Champlon, 28 ans, et le maréchal des logis chef Audrey Bertaut, 35 ans, tomberont, après une violente altercation, sous les balles d’Abdallah Boumezaar. son procès s’ouvre aujourd’hui aux assises de Draguignan.

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"C’est une épreuve pour beaucoup d’habitants témoigne Sylvie* commerçante dans le centre-ville. Plusieurs d’entre eux sont appelés à témoigner pour le procès alors forcément on en parle, ça remue, ça nous replonge dans cette horreur". Un drame pas si lointain auquel la commune tente pourtant d’échapper. "Même si chaque année, il y a un hommage", rappelle la commerçante, le reste du temps, le sujet est évacué. Il n’y a bien que les touristes qui nous en parlent en fait", ajoute-t-elle.

"J’aurais préféré qu’il soit tué"

Entre deux cafés dans le bistrot du coin, Jean fait mine de ne pas s’intéresser à cette affaire. "Vous voulez mon avis, j’aurais préféré qu’il soit tué lors de l’arrestation, assure-t-il la mine grave. Ça nous éviterait d’y repenser avec ce procès. D’autant qu’il va être relâché, quoi ? Dans 15 ans ?", interroge le retraité. En principe Abdallah Boumezaar, accusé de meurtre et d'assassinat avec des circonstances aggravantes, et sa compagne Inès Farhat, jugée pour complicité, encourent la réclusion criminelle à perpétuité.

Débat en vue sur son discernement

Face à cette épreuve "le premier réflexe, c'est de se dire il est fou", reconnaît l’avocat du prévenu Me Stéphane Colombe. Ce sera justement l'un des enjeux du procès : Abdallah Boumezaar a fait l'objet de trois expertises psychiatriques au cours de l'instruction, dont l'une a conclu à l'abolition de son discernement, évoquant un cas de schizophrénie.

"Le débat sur sa personnalité s'est toujours posé et sera posé devant les assises", prédit son conseiller. Mais, au cœur des débats se posera également la question du rôle d'Inès Farhat, aussi bien au moment de la bagarre avec les gendarmes qu'après les meurtres. "Les témoins ont toujours soutenu qu'elle n'avait eu aucun rôle" direct, assure son avocat Me Guidicelli.

"Elle y est pour quelque chose à coup sûr", assène de son côté Virginie Pin, une des avocates des parties civiles, qui représente le compagnon et les filles d'Audrey Bertaut et les parents d'Alicia Champlon. "Le véritable enjeu, au-delà de M. Boumezaar, c'est que la justice passe pour que le travail de deuil se fasse".

 


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