Commerces à Nantes : vers une ouverture les dimanches avant Noël

Sibylle Laurent
Publié le 16 octobre 2014 à 16h59
Commerces à Nantes : vers une ouverture les dimanches avant Noël

SOCIETE – Les 24 maires de l’agglomération vont se prononcer sur un vœu vendredi au Conseil communautaire, permettant d’autoriser l’ouverture des commerces les dimanches avant Noël. Une fissure dans la position stricte auparavant tenue par Jean-Marc Ayrault et Patrick Rimbert.

Le mur se fissure. Depuis des années, les maires Jean-Marc Ayrault, puis Patrick Rimbert, l’avaient martelé : pas question d’autoriser les commerces à ouvrir le dimanche, comme l’autorise la loi, 5 fois par an. Pas même les deux dimanches avant Noël. Mais, à l’initiative de Johanna Rolland, les 24 maires de l’agglomération vont se prononcer sur un vœu lors du conseil communautaire de vendredi qui pourrait bien changer la donne : les commerces pourraient ouvrir les deux dimanches après-midi avant Noël.

Pourquoi cette décision de Johanna Rolland ?
Historiquement, les socialistes de l’agglomération faisaient front commun contre toute dérogation, craignant que la moindre exception n’entraîne sur le long terme une généralisation de l’ouverture dominicale. La demande était pourtant relayée de longue date par l’association de commerçants Plein Centre, soutenue par l’opposition. Mais les 4 dernières années, certains maires ont voulu faire bande à part et accorder des autorisations de leur côté, comme au Pellerin. Plus généralement, le grand Ouest s’y est mis petit à petit : Rennes, Angers, puis Saint-Nazaire ont autorisé des ouvertures exceptionnelles avant Noël. Compte tenu de cette évolution, la maire de Nantes estime "de sa responsabilité de donner un cadre" pour prévenir toute "hyperlibéralisation". Car l’enjeu pour elle est bien de "préserver le dynamisme du petit commerce". Elle réaffirme en effet son opposition à la généralisation du travail le dimanche : "Cela ne correspond pas à notre projet de société ni de territoire", martèle-t-elle.

Que prévoit la décision ?
Le vœu présenté en conseil communautaire prévoit que cette autorisation exceptionnelle soit "strictement limitée au commerce de proximité de centre-bourg et de centre-ville", et exclue donc les hypermarchés alimentaires. "C’est un texte très encadré volontairement", précise Johanna Rolland. Il est de plus soumis à deux conditions : cette possibilité d’ouverture doit faire le cadre d’un accord entre les organisations syndicales et patronales, et les responsables économiques doivent se retrouver pour "accompagner de manière responsable la mise en œuvre de ce mouvement". La CCI a d’ores et déjà donné son accord pour organiser une table ronde si le vœu est approuvé.

Y a-t-il des risques de contagion ?
Une question va en effet vite se poser : quelles limites donner ? Si le texte vise les petits commerces, des cas bien spécifiques peuvent en effet poser question, comme celui de la galerie Beaulieu, qui accueille petits magasins… mais aussi une grande surface. La Ville compte en fait sur le soutien de la CCI pour faire œuvre de pédagogie auprès des acteurs économiques et faire comprendre aux acteurs économiques les limites à ne pas franchir. En cas de vote positif ce vendredi, les premières discussions pourraient avoir lieu dès la semaine prochaine.


Sibylle Laurent

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