"Crevures de communistes" : à Nantes, l'hommage à Hervé Gourdel tourne court

Sibylle Laurent
Publié le 28 septembre 2014 à 16h24
"Crevures de communistes" : à Nantes, l'hommage à Hervé Gourdel tourne court

POLITIQUE - Vendredi soir à Nantes, le rassemblement en hommage à l’otage assassiné a tourné court, avec la présence de militants du front national parmi la centaine de personnes rassemblées.

Ce devait être un moment solennel. Cela a viré au règlement de comptes. L’hommage rendu vendredi soir à Nantes à Hervé Gourdel a vite dérapé. A l’appel de plusieurs partis, une centaine de personnes s’étaient en effet rassemblées devant la mairie, pour un moment de recueillement en souvenir de l’otage français assassiné .

Le FN avait annoncé sa participation, et une vingtaine de militants d’extrême-droite étaient présents. Ses militants commencent à afficher une banderole sur les grilles, sur laquelle est écrite : "Hervé Gourdel, encore une victime du terrorisme islamiste". Une formule que la plupart des participants jugent choquante. Certains demandent de retirer la banderole. Les esprits s’échauffent.

"Ils méritaient d'être insultés"

Pour ramener le calme, Yannick Guin, un ancien adjoint au maire de Nantes demande une minute de silence. Mais rien y fait et Christian Bouchet, le secrétaire départemental adjoint et porte-parole du FN en Loire-Atlantique, lance alors aux militants communistes : "Qu'ils la ferment, qu'ils retournent dans les poubelles de l'Histoire d’où ils sont à peine sortis." Malgré les insultes, les participants se dispersent rapidement.

Au micro de France Bleu , Christian Bouchet assume ses propos. Et quand le journaliste lui rappelle que la famille d'Hervé Gourdel a appelé à la retenue et à la modération lors des cérémonies d'hommage, le porte-parole local du FN répond : "Et bien écoutez, il ne fallait pas y mettre ces crevures du PC et ça aurait été parfait. Qu’est-ce qu’ils ont à dire sur les assassinats alors que ce sont des spécialistes des assassinats ? Ils en ont assassiné combien en Russie, eux ? Je crois qu’ils méritaient d’être insultés."

Pour Marie-Annick Bennard, adjointe (PCF) à la mairie de Nantes, "tout est parti de la présence du FN. On connaît bien leur démarche de division. Ils étaient là seulement pour stigmatiser", raconte-t-elle au Parisien. Mais sur Internet, le mouvement frontiste dénonce lui des "provocations" des militants communistes. Le FN a indiqué être resté sur place "après le départ du provocateur et de ses soutiens", et ses militants "se sont recueillis avant d’entonner une vibrante marseillaise." Plus tôt dans la journée de vendredi, d es musulmans des quartiers nord de Nantes ont eux, rendus un hommage à Hervé Gourdel, dans le recueillement , à l'issue de leur prière à la mosquée Arrhama.
 


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