"Depuis l'affaire Merah, Toulouse a pris conscience qu'il fallait défendre des valeurs universelles"

Le service METRONEWS
Publié le 10 janvier 2015 à 20h27
"Depuis l'affaire Merah, Toulouse a pris conscience qu'il fallait défendre des valeurs universelles"

INTERVIEW - Nicole Yardeni, président du CRIF (conseil représentatif des institutions juives de France) de Midi-Pyrénées réagit à la mobilisation sans précédent qui s'est tenue à Toulouse ce samedi après-midi en hommage aux victimes des attentats contre Charlie-Hebdo et de la prise d'otage de la porte de Vincennes.

120 000 personnes étaient rassemblées à Toulouse aujourd'hui, quel bilan tirez-vous de la mobilisation de ce samedi ?
Elle a été formidable. Toulouse est une des villes de France où il y a eu le plus de monde dans la rue. Cela montre que ce qui s'est passé en mars 2012 avec la tuerie perpétrée par Mohamed Merah a permis de réfléchir à ce qui se passe en France. Les Toulousains ont été touchés de tellement prêt qu'ils prennent conscience que nous étions en train de perdre un combat d'idée, notre capacité à défendre des valeurs universelles de liberté. Ici, on commence à comprendre qu'on peut être particulier tout en étant universel. C'est ce qu'il faut défendre et c'est ce à quoi les terroristes s'attaquent.

Avec la prise d'otage de la porte de Vincennes, est-ce néanmoins le signe que toutes les leçons n'ont pas été tirées depuis l'affaire Merah ?
Malgré le travail qui est mené, je ne suis pas surprise qu'ils s'en soient pris à des juifs. Je n'ai pas dormi depuis quatre jours, je connais des gens qui habitent à côté du supermarché, c'est fatigant de voir que l'on est encore pris pour cible. Ce n'est pas que les leçons n'ont pas été tirées, c'est que nous n'avons pas assez pensé. C'est qu'il reste un travail à mener sur le terrain des idées. Il doit être mené par chaque communauté religieuse. Nous devons débattre entre nous, mais sur le terrain des idées. 

Qu'attendez-vous pour la suite ?
Que ce rassemblement ne s'arrête pas à un slogan, qu'il crée un mouvement, une réflexion plus profonde, qu'il interroge chacun de nous et que ce ne soit pas simplement un phénomène de mode. J'aurais davantage aimé que nous scandions tous "Liberté, j'écris ton nom".

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