En appel, Tony Meilhon veut faire sauter sa "rétention de sûreté"

Le service METRONEWS
Publié le 17 novembre 2014 à 11h12
En appel, Tony Meilhon veut faire sauter sa "rétention de sûreté"

JUSTICE – Le procès en appel de Tony Meilhon, rejugé pour la mort de Laëtitia Perrais en 2011 près de Pornic (Loire-Atlantique), s’ouvre mardi à Rennes. Principal enjeu pour lui : faire sauter sa "rétention de sûreté", un dispositif critiqué des années Sarkozy.

A partir de mardi, et jusqu’au 2 décembre, Tony Meilhon va être rejugé en appel à Rennes (Ille-et-Vilaine) pour la "séquestration suivie de mort" de Laëtitia Perrais, l’adolescente de 19 ans dont le corps avait été retrouvé démembré dans deux étangs, en 2011, près de Pornic (Loire-Atlantique).

Déjà condamné par le passé pour un crime (le viol d’un codétenu), ce délinquant multirécidiviste de 34 ans encourt la réclusion criminelle à perpétuité, une peine à laquelle l’a d’ailleurs condamné en juin 2013 la cour d’assises de Loire-Atlantique. Les jurés avaient alors assorti leur verdict d’une période de sûreté de vingt-deux ans et – plus rare – d’une possible "rétention de sûreté" à sa sortie de prison.

Un dispositif critiqué à gauche

Ce dispositif, mis en place en 2008 sous Nicolas Sarkozy, permet de maintenir un détenu particulièrement dangereux dans un "centre socio-médico-judiciaire de sûreté" même après la fin de sa peine. Critiqué à gauche , son abrogation était même envisagée par Christiane Taubira.

Me Cécile de Oliveira, l’avocate de la sœur jumelle de Laëtitia Perrais, avait d’ailleurs pointé en juin 2013 "l’exceptionnelle sévérité" du verdict de la cour d’assises de Loire-Atlantique. "C’est une peine qui n’a pas de fin, et les mesures de rétention m’apparaissent comme exceptionnellement liberticides", avait déclaré aux journalistes celle qui faisait aussi partie de la majorité de gauche au conseil municipal de Nantes.

"Perpétuité réelle"

“Cette mesure peut aboutir à une perpétuité réelle, considère également Me Fathi Benbrahim, l’avocat de Tony Meilhon. Je m'y opposerai comme je l'avais fait en première instance, car on sait que l'agressivité d'un homme s'émousse avec le temps en prison.” Pour autant, l’appel formé par son client n’a pas manqué d’interpeller les parties civiles. "Franck Perrais s'interroge sur la réelle motivation de Tony Meilhon à interjeter appel d'une décision qui, certes, était sévère, mais dont il n'avait pas manqué de réclamer la sévérité tout au long de l'audience", se désole ainsi l’avocat du père de Laëtitia, Me Benoît Poquet.


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