Jean Tirole, un discret et travailleur Prix Nobel d'économie

Le service METRONEWS
Publié le 13 octobre 2014 à 20h04
Jean Tirole, un discret et travailleur Prix Nobel d'économie

PRIX – Le nouveau Nobel d'économie, Jean Tirole, travaille au sein de la Toulouse School of Economics (TSE) depuis près de vingt ans. Discret et peu connu du grand public, il est décrit par ses collègues comme un "gros travailleur" et un chercheur "pointilleux".

D'habitude si feutrée, l'ambiance au sein de la Toulouse School of Economics (TSE) est un peu agitée ce lundi après-midi. Depuis 13 heures, le célèbre laboratoire de recherche en économie abrite un Prix Nobel : Jean Tirole. Marie-Pierre, la nouvelle secrétaire de Jean Tirole (elle est arrivée il y a une semaine), répond sans cesse au téléphone et aligne les fiches avec des Post-it roses collés dessus : autant de gens à rappeler.

“C'est complètement mérité, cela fait longtemps qu'il figure sur la short list du Nobel”, confie Christian Gollier, le directeur de la TSE, qui arbore un magnifique tee-shirt blanc avec un cœur rouge au milieu au-dessus duquel est inscrit "I love TSE".

"J'ai rarement connu quelqu'un d'aussi pointilleux et exigeant avec lui-même, il peut relire cinquante fois ses papiers avant de les publier, cela peut même l'empêcher de dormir… Pour moi, c'est un extraterrestre !" ajoute encore celui qui côtoie Jean Tirole depuis 1992.

Besoin de comprendre l'humain

L'empathie est l'autre trait de caractère du nouveau Nobel d'économie : “Il a besoin de connaître les gens avec qui il travaille, sur le plan scientifique, mais aussi sur le plan humain. Il veut comprendre comment ils sont”, glisse, admiratif, Christian Gollier.

Les deux hommes se sont connus alors que "l'école de Toulouse" n'était qu'un embryon. Tout juste diplômé du Massachusetts Institute of Technology (MIT), Jean Tirole, né à Troyes (Aube) en 1953 d'un père médecin et d'une mère enseignante en lettres, a commencé sa carrière dans les mathématiques en intégrant l'Ecole polytechnique.

Des travaux reconnus sur le plan mondial

En s'installant à Toulouse, il veut faire de la Ville rose une place forte de la recherche en économie avec le chercheur Jean-Jacques Laffont. Très vite, ses travaux sur la régulation des marchés bancaires, de la téléphonie ou d'Internet font autorité et contribuent au succès de la TSE.

"Aux Etats-Unis, cela aurait été plus facile pour lui. Il travaillerait dans de meilleures conditions et serait davantage payé, mais non il a choisi Toulouse", reconnaît fièrement Jacques Crémer, l'ancien directeur scientifique. Son voisin de bureau lui connaît peut-être un seul "défaut" : "C'est un gros travailleur… et il produit tellement d'articles que je n'ai pas le temps de tous les lire !"


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