La justice accorde 11 millions d'euros aux parents d'un enfant handicapé

Le service METRONEWS
Publié le 16 décembre 2014 à 16h55
La justice accorde 11 millions d'euros aux parents d'un enfant handicapé

JUSTICE - La Cour d’Appel d’Aix-en-Provence vient d’accorder des indemnités records aux parents d’un enfant handicapé à 100%, sous forme d'une rente annuelle, suite à une erreur médicale de l’obstétricien lors de l’accouchement à Cagnes-sur-Mer. L’argent financera notamment les salaires de cinq auxiliaires de vie qui vont se relayer, 24h sur 24, pour les soins.

La future chambre de Philippe est encore remplie d’outils, de pots de peinture et de matériels de chantiers mais on aperçoit déjà les rails au plafond qui serviront, dans quelques semaines, à le lever de son lit et le manipuler. Un peu plus loin, une petite plateforme d’ascenseur est installée. Dans le jardin, une rampe d’accès en pente douce, idéale pour arriver en fauteuil roulant, est flambant neuve.

C’est ici, dans cette petite villa en rénovation de 140 m2, située sur les hauteurs de Levens , que cet enfant né lourdement handicapé suite à une erreur médicale lors de l’accouchement de sa maman le 29 juillet 2000 dans une clinique de Cagnes-sur-Mer, va pouvoir démarrer une nouvelle étape de sa vie malgré une existence murée dans le silence et la paralysie. Avec ses deux petits frères Paul et Pierre, sa mère Sandrine et son papa Vincent Jean-Claude, l’ado aujourd’hui âgé de 14 ans, sera très bientôt entouré par une "véritable PME", sourit le père.

"50 à 60 bavoirs par jour"

Car depuis lundi, la famille Giardina a un poids en moins. Celui de l’incertitude financière pour assurer des soins onéreux et chronophages. Après des années de bataille judiciaire, la Cour d’appel d’Aix-en-Provence a accordé une indemnité record de près de 11 millions d’euros. "Il s’agit d’une sorte de rente. Environ 205.000 euros par an qui seront versés durant toute l’existence de Philippe", confirme l’avocat Edouard Bourgin. Concrètement, l’argent va servir à financer quasiment cinq emplois à temps plein pour s’occuper de Philippe. "Il est tétraparésique. Il ne parle pas, il est incontinent, il est nourri par sonde. On utilise 50 à 60 bavoirs par jour, on ne peut pas le quitter des yeux une seconde. On va pouvoir régler 25 heures par jour de salaire à 12 euros nets (24 heures pour les soins + 1 heure de ménage et d’entretien du linge, ndlr)", explique Vincent Jean-Claude Giardina qui a mis fin à sa profession d’artisan en bâtiment pour se consacrer à son fils.

La somme servira aussi à finir de payer le crédit de la nouvelle maison dévolue au confort de Philippe détaille le papa. Rien de luxueux. Juste des équipements bien plus pratiques que dans l'habitation actuelle de 75 m2 où la baignoire est actuellement cachée derrière le canapé du salon faute de place : "l’adaptation de la villa nous coûte autour de 150.000 euros. On a refait l’isolation car il faut qu’il fasse minimum 23 degrés. Il y aura un système de caméras, un petit ascenseur…"

"Notre vie est bousillée"

Si l’indemnité est importante, elle ne répare pas le drame de ce 29 juillet 2000 où tout a basculé. Ni ne fait oublier l’erreur médicale de l’obstétricien qui avait également falsifié le dossier médical pour se dédouaner de sa responsabilité a reconnu la Justice. "Notre vie est bousillée et c’est un euphémisme. C’était un magnifique bébé sans aucun problème avant l’accouchement… Mais c’est notre fils, on ne le lâchera jamais", explique le père qui veut ouvrir un petit local au bas du village avec vente de bières, de socca, de pâte d’olive maison. "Philippe sera comme le patron et le plus souvent possible sur place. Les habitants le verront d’un autre regard, j’espère", soupire-t-il.
 


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