La traque aux faux documents s’intensifie à Marseille

Le service METRONEWS
Publié le 19 juin 2014 à 14h29
La traque aux faux documents s’intensifie à Marseille

SECURITE – Basée à Marseille, la Police aux Frontières de la zone Sud a fait de la traque contre les faux documents sa spécialité. Un phénomène en constante augmentation.

En matière de faux papiers, difficile de tromper la vigilance de Philippe. Analyste à la Police aux frontières (PAF) de Marseille, il détecte la moindre incohérence sur une carte d’identité. Surtout entre une photo et un modèle bien réel. "Là, les yeux ne sont pas les mêmes", indique-t-il à des gendarmes venus se former jeudi et vendredi dans ses services à l’occasion du "forum anti-fraude". Conseil de policier : "il ne faut pas regarder un visage dans son ensemble, car avec une opération, tout peut être refait", assure-t-il.

Son truc à lui, ce sont les détails et notamment la forme des oreilles "qui ne varie pas souvent". Une technique de reconnaissance à l’ancienne, en plus des détecteurs de filigrane (dessins qui apparaît par transparence, ndlr), utilisée par les différents services de la PAF. Forte de 1 960 hommes, cette unité couvre une large partie du Sud de la France et a fait de la lutte contre la fraude aux documents sa spécialité. "C’est en constante augmentation", évalue le commissaire Divisionnaire, Thierry Assanelli, directeur de la zone Sud.

Des filières bien organisées

En 2013, 1 300 porteurs de faux papiers ont été interceptés dans sa juridiction. Depuis le début de l’année, 167 saisies ont été effectuées, soit 23 % de plus que l’an passé durant la même période. "Ça peut être des permis de conduire, des actes de naissance ou encore des attestations d’emplois", liste Thierry Assanelli. Des faux qui peuvent rapporter gros. Une famille avait réussi à détourner plus de 150 000 euros en trompant la vigilance des organismes sociaux se souvient le commissaire.

Mais derrière les bénéficiaires, il y a des filières. "C’est le plus difficile à remonter, reconnaît-il. On en fait que deux à trois fois par an, car c’est un travail de longue haleine". Des réseaux très bien structurés, sachant se procurer sur Internet les logiciels dernier cri pour élaborer un document. "Avec une imprimante performante, ça passe huit fois sur dix", constate Thierry Assanelli. Reste que le jeu n’en vaut pas forcément la chandelle. Les peines de prison pouvant atteindre dix ans en cas de circonstances aggravantes.
 


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