L’autoroute de la mer dans l'impasse

Le service METRONEWS
Publié le 17 septembre 2014 à 16h42
L’autoroute de la mer dans l'impasse

ENTREPRISE – L’autoroute de la mer, qui relie Saint-Nazaire à Gijon en Espagne va être suspendue dès jeudi. Malgré son succès commercial, la ligne franco-espagnole est confrontée à l’arrêt des subventions nationales et européennes.

C’est un paradoxe. Depuis ses débuts, en 2010, l’autoroute de la mer, qui relie Saint-Nazaire à Gijon en Espagne affiche un fort succès commercial. Pourtant, la ligne franco-espagnole est suspendue à partir de jeudi. En cause, l’arrêt des subventions nationales et européennes. La liaison n’a en effet pas réussi à trouver de modèle économique stable.

"Nous travaillons avec l'ensemble des parties concernées dans le but de trouver une solution qui permette une reprise du service", indique sur son site l'exploitant LD Lines . "Aucune solution n'a été trouvée à ce jour, mais nous vous tiendrons informés de l'évolution des discussions." Le principe de cette autoroute était louable : permettre aux transporteurs routiers d'embarquer à bord de navires de transports de marchandises, plutôt que d'emprunter les routes. La ligne avait aussi été ouverte au grand public. La liaison proposait un service à haute fréquence, avec rotations hebdomadaires.

Taux de remplissage de 75%

Elle avait surtout reçu un total de 34 millions d'euros d'aides publiques sur quatre ans : la France et l'Espagne ont accordé chacune 15 millions d'euros au projet, et l'UE 4 millions d'euros. Cette liaison maritime régulière était en effet inscrite dans un programme européen de développement des autoroutes de la mer, avec pour objectifs de désengorger les grands axes routiers transpyrénéens, et de réduire l'impact environnemental du transport de fret en proposant un transfert des poids lourds de la route vers la mer.

Mais en dépit du succès commercial rencontré - le taux de remplissage moyen était de près de 75% en 2013 (près de 18 000 camions, 38 500 véhicules et 50 000 passagers transportés), "le chiffre d'affaires ne parvient pas encore à couvrir la totalité des charges, dans un contexte macroéconomique difficile", détaille Christophe Clergeau, vice-président de la région Pays de la Loire. Comme d'autres élus, il se mobilise et en appelé au gouvernement et à l'Union européenne. L'élu régional plaide pour "que le soutien public puisse être poursuivi dès cet automne". David Samzun, président de la communauté d'agglomération de Saint-Nazaire (Carene, Loire-Atlantique) a lui envoyé un courrier à la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal, et au secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies.  Il rappelle la "fiabilité, sécurité et exemplarité écologique" de la ligne. Pour lui, cette suppression "irait à l'encontre des engagements de l'UE et du gouvernement (...) en faveur de la transition énergétique".


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