L'écolier entendu pour "apologie du terrorisme" dénonce des violences

Le service METRONEWS
Publié le 29 janvier 2015 à 12h48
L'écolier entendu pour "apologie du terrorisme" dénonce des violences
L'essentiel

POLEMIQUE – Le père du petit Ahmed dépose plainte ce jeudi midi pour "violence aggravées". Il accuse le directeur de l'école d'avoir violenté son fils.

Assis sur les marches du commissariat Foch, dans le centre de Nice, le petit Ahmed (le prénom a été changé) patiente. Au lendemain de son audition par la police pour des propos pouvant être interprétés comme une "apologie du terrorisme", le garçon de 8 ans accompagne cette fois son père et leur avocat, venus déposer plainte pour "violences aggravées".

"Ahmed dit que le directeur de l'école lui a tapé la tête contre un tableau et donné une baffe parce qu'il avait dit qu'il était 'avec les terroristes'", confie à metronews Me Sefen Guez Guez. "Au moment de la minute de silence [à laquelle l'enfant refusait de participer], il lui tenait la main et ne le laissait pas partir, poursuit l'avocat de la famille. Il lui aurait même refusé une dose d'insuline !"

"Oui, c'est rare d'auditionner un enfant de cet âge"

Ces faits se seraient produits après que l'enfant a tenu en classe, le 8 janvier, au lendemain de la tuerie à Charlie Hebdo, des propos "graves, violents" selon les termes de la commissaire Fabienne Lewandowski, confirmant les déclarations du rectorat de Nice. Pour la directrice départementale adjointe de la sécurité publique, l'écolier aurait lancé "il faut tuer des Français", "les musulmans ont bien fait" ou encore "les journalistes méritent la mort".

Ce sont ces déclarations rapportées par le directeur de l'école, ainsi que des menaces qu'aurait proférées le père du garçonnet après une intrusion dans l'établissement, qui ont justifié la convocation au commissariat ce mercredi . "C'est vrai que c'est rare d'auditionner un enfant de cet âge, reconnaît Fabienne Lewandowski, mais c'est rare aussi d'entendre ce genre de propos, des phrases aussi fortes, dans la bouche d'un enfant !"

Pour la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, l'équipe de l'école Nice Flore s'est "bien comportée". "Je le dis avec force, non seulement cette équipe a bien fait de se comporter ainsi, mais son travail de suivi, et pédagogique et social, est une œuvre utile et je l'en remercie". Une position identique à celles affirmée dans la matinée par le député-maire (UMP) de Nice Christian Estrosi et le député (UMP) et président du conseil général des Alpes-Maritimes Eric Ciotti .

EN SAVOIR + >> Les parents ne comprennent pas

Le père suspecté de violences

"Parallèlement, précise la Direction départementale de la police, nous traitons un signalement de violences au sein de la famille". Le parquet de Nice a en effet été saisi par l'association de protection de l'enfance de suspicions de violences commises sur les deux frères cadets d'Ahmed, âgés de 3 et 4 ans.