Lignes à grande vitesse (LGV) : le Sénat veut geler le financement de certains projets pour quinze ans

Virginie Fauroux
Publié le 30 septembre 2016 à 19h39, mis à jour le 30 septembre 2016 à 21h01
Lignes à grande vitesse (LGV) : le Sénat veut geler le financement de certains projets pour quinze ans

Source : LOIC VENANCE / AFP

ETUDE - Huit sénateurs de droite et de gauche recommandent de geler le financement de nouvelles lignes à grande vitesse (LGV) pendant quinze ans, dans un rapport publié jeudi 29 septembre. Le but avoué : investir dans la rénovation du réseau ferroviaire, vieillissant.

Alors que l'accident mortel de Brétigny-sur-Orge en juillet 2013 est encore dans tous les esprits, un rapport d'expertise publié l'année suivante mettait en lumière "un état de délabrement jamais vu du réseau ferroviaire". Rapport depuis contesté par la SNCF.

Pour autant, l'âge moyen des lignes actuelles dépasse les 30 ans. Il est donc temps de faire les comptes pour remettre en état ce réseau vieillissant. Un budget a été chiffré et publié jeudi 29 septembre dans un rapport sénatorial. Huit sénateurs de droite comme de gauche ont estimé indispensable de dégager entre un milliard et deux milliards d'euros supplémentaires par an. Un rapport publié le jour de la diffusion d'un reportage d'"Envoyé Spécial" accablant pour la SNCF, faisant état de nombreuses vétustés sur certaines voies du réseau.

Conséquence : "Il faut mettre le paquet sur la maintenance, on doit investir massivement et donc geler les lignes à grande vitesse pendant quinze ans",  a déclaré Marie-Hélène Des Esgaulx, vice-présidente de la commission des Finances du Sénat. "A force de consacrer toutes les ressources financières et humaines de la SNCF au développement des lignes à grande vitesse, notre pays a gravement négligé les autres lignes du réseau structurant, notamment en Ile-de-France", a-t-elle ajouté.

Trois lignes en sursis

Dans le viseur des parlementaires, trois projets de LGV : Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax, Poitiers-Limoges et Montpellier-Perpignan. "Ces lignes apparaissent comme des investissements excessifs et leur construction mérité d'être différée", affirme le groupe de travail.

Le groupe de travail recommande aussi que l'Etat reprenne au moins partiellement la dette de la SNCF, qui dépasse les 44

milliards d'euros. Ce que le gouvernement juge désormais inopportun en raison de la situation des finances publiques, selon un rapport récemment remis au Parlement.

Les sénateurs font en outre valoir que le budget de l'Agence de financement des infrastructures de transport en France (AFITF) est insuffisant pour permettre à cet organisme de jouer son rôle, et ils préconisent l'instauration d'une nouvelle redevance sur les véhicules et/ou les poids lourds.

Problème, le gouvernement avait suspendu en 2014, sous la pression des routiers, la mise en place d'une telle taxe. Elle devait servir à lever un milliard d'euros par an pour financer des projets d'infrastructures ferroviaires. 


Virginie Fauroux

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