Loi Travail

Loi travail : prison avec sursis pour un policier qui avait frappé un manifestant à Caen

Virginie Fauroux
Publié le 29 septembre 2016 à 23h34
Loi travail : prison avec sursis pour un policier qui avait frappé un manifestant à Caen

Source : KENZO TRIBOUILLARD / AFP

JUSTICE - C'était le 26 mai 2016 à Caen. Un policier avait violemment frappé un homme venu manifester contre la loi travail. La justice l'a condamné ce jeudi à deux mois de prison avec sursis.

La scène avait été filmée et diffusée sur le site Normandie-Actu. Dans ce film, on y voit un policier donner des coups de matraque et un coup de pied à un homme à terre pendant une manifestation houleuse contre la loi travail. Conséquence, l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) s'était saisie de l'affaire.

Ce jeudi, ce policier a été condamné à Caen à deux mois de prison avec sursis. Mais le fonctionnaire ne verra pas sa condamnation inscrite sur son casier judiciaire, a précisé à l'AFP le procureur de la République de Caen, Carole Etienne.

Il faut dire que ce dernier a reconnu au préalable sa culpabilité (et comment pourrait-il en être autrement), ce qui, selon le parquet, lui a évité aussi un procès public.

C'est une peine symbolique, mais importante

Me Claude Marand-Gombar, l'avocat du plaignant

"Mon client est un peu frustré par cette procédure. Néanmoins, on est satisfait que la justice soit passée, même si on a été largement aidés par cette vidéo", a commenté Me Claude Marand-Gombar, l'avocat du plaignant interrogé par l'AFP. "C'est une peine symbolique, mais importante. Aujourd'hui peu d'affaires de violence policière arrivent devant le tribunal. Beaucoup sont classées".

La victime, un maître-nageur de 54 ans, a été en arrêt de travail du 26 mai au 9 juin, a expliqué Me Marand-Gombar, selon lequel, "les nombreux coups reçus notamment dans le dos et sur le torse ont entraîné une gêne respiratoire" pour son client qui "continue à suivre des soins".

Monji Essaana, le client en question, lui, est amer : "Deux mois de prison avec sursis sans incription au casier judiciaire ça veut dire qu'il pourra recommencer...en espérant qu'il ne soit pas filmé", a-t-il déploré ce jeudi sur France 3 Basse-Normandie, regrettant également l'indifférence affichée par le policier, qui présente le grade de commandant de police.

En juillet, un collectif avait adressé au Défenseur des droits 68 réclamations pour des violences policières lors des manifestations contre la loi travail partout en France.


Virginie Fauroux

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