Marseille : "L’entraide est nécessaire dans le quartier le plus pauvre de France"

Le service METRONEWS
Publié le 1 juillet 2015 à 15h42
Marseille : "L’entraide est nécessaire dans le quartier le plus pauvre de France"

SOCIETE - D’après une étude de l’Insee, dévoilée le mois dernier, le 3e arrondissement de Marseille est le plus pauvre des communes de France métropolitaine. Une situation alarmante dans un quartier où l’entraide est de mise.

Sortie du métro National, ligne 2... la vue interpelle. Au nord, les immeubles du 3e arrondissement, défraîchis et jouxtant des rues sans charme, contrastent avec les nouveaux habitats tout juste sortis de terre dans le cadre du programme immobilier Euromediterranée situé dans le 2e. Placardées sur des panneaux, les offres immobilières fleurissent sur les immeubles.

"Autant de logements où je ne pourrai jamais aller", souffle Youcef à l’arrêt de bus. "Je ne suis pas né du bon côté du ruisseau. En face, ça n’arrête pas de construire. Ici, il n’y a rien. Il paraît même qu’on est le quartier le plus pauvre de France", lâche le retraité en baissant le regard.

Une personne sur deux sous le seuil de pauvreté

Publiée le mois dernier, la dernière étude de l’Insee confirme ses dires. Avec 51,3 % de la population vivant avec moins de 987 euros par mois, le 3e arrondissement de Marseille est en effet le plus pauvre de France. "Vous m’étonnez, mais je ne peux que vous croire", réagit le pas pressé Gilles sans emploi depuis deux ans. "On le voit bien qu’ici c’est difficile. Heureusement, les gens se filent un coup de main quand même", indique-t-il.

"L’entraide est même nécessaire", confirme Sondos, gérante d’une petite boulangerie du boulevard National. En plein Ramadan, la commerçante n’hésite pas à donner son surplus aux personnes dans le besoin. Sur sa devanture, le prix des baguettes illustre la précarité du quartier. "C’est 60 centimes la baguette et 1,50 euro les 4", décrit-elle avant d’affirmer :  "vous ne trouverez pas moins cher ailleurs. Quand la farine augmente, je suis parfois obligée d’augmenter de 5 centimes. Je ne vous dis pas la réaction des gens."

"Les mois s’arrêtent le 15"

Des tarifs très serrés appliqués aussi par Yassine dans la boucherie d’en face. "Là je viens de faire 10 euros de crédit pour une dame. Pour nous, ce n’est rien. Pour eux, c’est énorme". Surtout en fin de mois. "En fait les mois s’arrêtent le 15 ici. Quand les gens ont fini de payer le loyer, les courses et l’électricité, ils n’ont plus rien. C’est pour ça qu’on aide certains comme on peut", explique-t-il.

Et sans l’antenne de Médecin du monde sur le boulevard National, "beaucoup ne se soigneraient même pas", explique Didier, médecin bénévole dans cette structure depuis 7 ans. Chaque année, près de 10 000 consultations sont effectuées. Souvent pour des pathologiques classiques mais souvent aussi "pour des cas de gale ou de saturnisme propre aux logements insalubres du quartier", indique le docteur. "On est victimes du syndrome des Restos du cœur, ajoute-t-il. Quand l’antenne a été créée, elle devait pallier les carences de l’Etat en matière de santé. 30 ans après, on est toujours là…".

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