Nice : des peines de prison ferme pour apologie terrorisme et provocation à la haine

Le service METRONEWS
Publié le 18 février 2015 à 17h47
Nice : des peines de prison ferme pour apologie terrorisme et provocation à la haine

JUSTICE – Les quatre Niçois qui avaient notamment crié Allahou Akbar lors d'une manifestation place Masséna le 18 janvier ont été reconnus coupables.

Anti-islamophobie ou pro-terrorisme ? Quatre hommes âgés de 30 à 40 ans, interpellés lors d'une manifestation sauvage place Masséna le 18 janvier étaient jugés ce mercredi après-midi par la 6ème chambre du tribunal correctionnel de Nice, pour "apologie de terrorisme" notamment. Ce qui leur vaut cette comparution, c'est d'avoir crié à plusieurs reprises à l'adresse des policiers "Allahou Akbar !"

"Allahou Akbar est une belle phrase, commence le procureur. Elle est légitime dans la communion religieuse, au sortir d'une mosquée ou d'une fête. Dans le contexte qui est le nôtre, ce n'est plus un cri de paix, c'est un cri de guerre ce 18 janvier ! C'est de l'apologie de terrorisme" tranche le représentant du parquet, avant de réclamer des peines allant de 6 mois de prison avec sursis à deux ans dont un avec sursis.

"L'apologie suppose une intention volontaire de promouvoir un acte de terrorisme, intervient Me Sefen Guez Guez, l'avocat de deux des prévenus. Quel est le lien ? L'expression 'Allahou Akbar' ? J'ai l'impression d'être revenu un an en arrière, au tribunal administratif, où je défendais l'agent de sûreté suspendu pour avoir utilisé la langue Arabe !" A l'époque, l'avocat avait obtenu la réintégration de son client .

Provocation à la haine sur Facebook ?

L'un des prévenus est également poursuivi pour provocation à la haine raciale. Sur Facebook il a écrit que Mohamed Merah n'avait pas existé. "Vous diffusez des idées révisionnistes" souligne le président. "C'est une bêtise d'avoir écrit ça, mais on ne poursuit pas tous les gens qui écrivent ça !" se défend le jeune père de famille.

Du côté de la partie civile, Me Joël Blumenkranz, avocat de la Licra, estime que "ces propos arment les bras des terroristes, des Coulibaly, des Kouachi"."C'est un discours détestable, mais qui ne doit pas donner lieu à une peine de prison mais à une peine éducative, comme un stage de citoyenneté" plaide en défense Me Sefen Guez Guez.

Le prévenu a aussi appelé à la constitution d'une "milice antisioniste et anti-islamophobie". Pour l'intégrer, il exigeait "une très bonne condition physique, une pratique régulière des arts martiaux ou de la musculation, un historique des bastons vécues". "C'est de la maladresse, je ne voulais pas nuire à qui que ce soit. J'ai des amis Juifs, athées" se défend le jeune père de famille.

Il écope de la plus lourde peine : deux ans de prison dont un avec sursis et un stage de citoyenneté. Les trois autres prévenus sont condamnés à des peines de six mois avec sursis pour l'un, douze mois dont neuf avec sursis pour les deux autres.


Le service METRONEWS

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