Nice : suspendu par la justice, l'arrêté anti-drapeaux fait toujours des vagues

Le service METRONEWS
Publié le 6 juillet 2014 à 12h06
Nice : suspendu par la justice, l'arrêté anti-drapeaux fait toujours des vagues

POLÉMIQUE – Le tribunal administratif de Nice a ordonné la suspension de l'arrêté municipal interdisant de troubler l'ordre public muni d'un drapeau à Nice. Christian Estrosi affirme que l'Etat "est en incapacité d'assurer l'ordre public" et annonce qu'il va proposer une loi.

"Le drapeau italien, français, turc, algérien, canadien, cubain… Ils m'ont même ramené le drapeau monégasque !" Samedi après-midi, Daniel Aabye, le secrétaire des jeunes communistes des Alpes-Maritimes a organisé un pied-de-nez à l'arrêté municipal interdisant de brandir un drapeau étranger tout en troublant l'ordre public. Une cinquantaine de manifestants s'est rassemblée pour protester symboliquement contre cette mesure décidée lundi dernier par le maire de Nice, Christian Estrosi et qui a depuis fait couler beaucoup d'encre.

Cette mesure a déchaîné partisans et opposants sur les réseaux sociaux et donné lieu à plusieurs recours en référé devant le tribunal administratif de Nice. L'un d'eux a porté ses fruits puisque, vendredi, la justice a suspendu l'arrêté municipal. "C’est une belle claque à la volonté d’autoritarisme du Maire de Nice, une victoire du multiculturalisme" avait estimé Cécile Dumas, la secrétaire départementale du PCF06, dans un communiqué.

"L’incapacité du gouvernement"

"J’ai pris cet arrêté face à l’incapacité du gouvernement à faire respecter les symboles et les valeurs de notre République" a rétorqué Christian Estrosi. "Je rappelle qu’il appartient à l’État d’assurer l’ordre public, mais force est de constater que le gouvernement socialiste est en incapacité d’assumer cette mission et j’en veux pour preuve les débordements qu’ont connus les grandes villes lors des derniers matches avec des voitures brûlées et des agressions en nombre". La ville de Nice n'a cependant pas connu de graves débordements.

Christian Estrosi a pourtant annoncé qu'il maintenait cet arrêté : même si son application est suspendue, le texte n'est pas abrogé dans l'attente d'un nouveau jugement par le tribunal administratif, sur le fond. "Je déposerai prochainement une proposition de loi instaurant pour le maire la faculté de prendre toute mesure préventive dans le but de prévenir toute atteinte à l’ordre public et ce eut égard aux circonstances locales", a surenchéri Christian Estrosi.


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