Nord : un clown inquiétant condamné à six mois de prison avec sursis

Publié le 20 octobre 2014 à 17h18
Nord : un clown inquiétant condamné à six mois de prison avec sursis

JUSTICE – Le jeune homme de 19 ans avait semé la terreur vendredi soir, à Douvrin, près de Lens. Il a également été condamné à 105 heures de travail d’intérêt général. Une peine qui devrait servir d'exemple, alors que le phénomène tourne à la psychose dans la région de Douai.

Fini de rire. L’homme de 19 ans, qui s'est déguisé en clown pour faire peur à des enfants et des ados vendredi à Douvrin (près de Lens), a été condamné ce lundi à six mois de prison avec sursis et à 105 heures de travail d’intérêt général. Il était jugé par le tribunal de Béthune, en comparution immédiate, pour "violences avec armes avec préméditation". Déjà connu des services de police, ce jeune homme, qui prépare un CAP boucherie, est également interdit de possession et de port d'arme pendant cinq ans.

Les faits ont eu lieu vers 22 heures ce vendredi. Le jeune homme sort de chez lui et s’amuse à terroriser un enfant de six ans. Il se dirige ensuite vers un parc de la commune, où un groupe d’ados est en train de discuter. Effrayés, les jeunes de 15 à 17 ans rejoignent en courant la baraque à frites du village encore ouverte à cette heure-là. Le gérant et quelques clients, voulant mettre un terme à cette mauvaise blague se jettent alors aux trousses du clown qui se réfugie chez lui à Douvrin, d’où il ressort démaquillé et armé d’un pistolet automatique à gaz. Face à la menace, le gérant de la friterie dégaine un pistolet à bille.

Trois plaintes déposées

Ce dernier devra s’acquitter d'une amende pour "port d’arme prohibé" et celle-ci sera détruite. "Je voulais le secouer, lui faire comprendre qu’il ne fallait pas faire ça à des gamins !, a-t-il déclaré dans La Voix du Nord. Il a reculé et pointé une arme vers nous. Il y avait des gamins. Je me suis dit : 'il faut le calmer'. Je n’étais pas là pour faire la loi. Les jeunes sont venus ici car ils savaient que j’allais agir."

Depuis une semaine, c’est la panique parmi les écoliers, collégiens et lycéens de la région de Douai. Trois plaintes ont même été déposées par des jeunes filles qui affirment avoir été menacées par un clown munit d’une arme blanche.

Un phénomène de grande ampleur

"C'est un phénomène qui a pris de l'ampleur en fin de semaine, né dans le sud du département vers Valenciennes, Douai et les communes alentours. C'est une mauvaise plaisanterie qui a démarré sur les réseaux sociaux", a expliqué Didier Perroudon, directeur de la sécurité publique du Nord. 

Dans le département, 27 signalements de clowns agressifs ont été faits dans la journée de jeudi, 26 vendredi, avant que le phénomène ne décroisse. Chez les voisins du Pas-de-Calais, une vingtaine d'appel ont été passés au 17 pendant la journée de vendredi, poussant la préfecture à passer un avertissement sur les réseaux sociaux.

"C'est quelque chose que nous prenons très au sérieux"

"On ne déplore pas actuellement de phénomènes graves", a précisé Didier Perroudon, "mais c'est quelque chose que nous prenons très au sérieux". Le phénomène "peut aussi permettre à une véritable délinquance de se cacher", a-t-il souligné.

Au total, les policiers ont recensé six faits avérés d'actes de malveillance, dont une tentative d'extorsion d'un billet de 5 euros. Un homme a été arrêté à Sin-le-Noble, près de Douai. Les faux clowns "sont majoritairement signalés à la sortie des établissements scolaires, mais aussi sur la voie publique, en sortant des buissons, dans un square. Leurs cibles sont souvent des jeunes enfants ou des adolescents, mais aussi des adultes", a expliqué une source policière.

Un effet d'entraînement

Les armes brandies semblent être factices: de faux couteaux de boucher ou des tronçonneuses inopérantes.  "Il y a un effet d'entraînement avec des gens qui ne sont pas très clairs. Ca se complique quand il y a agression, réelle ou simulée", a noté Thierry Alonso, directeur de la sécurité publique du Pas-de-Calais, qui s'est félicité de l'arrestation du faux clown de Béthune.

Vendredi à Carvin, un enfant est rentré chez lui en pleurs après s'être fait poursuivre par deux clowns, persuadé qu'ils avaient voulu l'enlever. Dans le même temps à Arras, des clowns ont été signalés à cause d'un "chahut", mais sans agression, a rapporté Thierry Alonso. "Cette hystérie collective" devrait se calmer avec les vacances scolaires, a prédit le policier. Les policiers du Nord, qui avaient renforcé leurs patrouilles aux abords des établissements scolaires, vont quant à eux se concentrer sur les centres aérés pendant les congés.

 

La rédaction de TF1info

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