Notre-Dame-des-Landes : des milliers d’opposants malgré la pluie

Le service METRONEWS
Publié le 6 juillet 2014 à 13h25
Notre-Dame-des-Landes : des milliers d’opposants malgré la pluie

AEROPORT - La grande manifestation d’été a réuni des milliers d’opposants au projet d’aéroport, autour de débats, meetings et concerts.

La pluie ne les a pas refroidis. Plusieurs milliers d’opposants ont afflué ce week-end à Notre-Dame-des-Landes, pour réclamer l’abandon du projet de transfert de l’aéroport. Samedi en fin d’après-midi, ils étaient entre 4 et 8 000 à se presser autour des stands ou chapiteaux installés pour les débats et les concerts.

Comme Réjane, quinquagénaire de Loire-Atlantique, qui vient pour la 14e année : "Nous sommes des paysans, pour nous c'est important de défendre la terre pour nourrir les gens", explique-t-elle. Ce ne sont pas les copinages entre les politiques et Vinci (concessionnaire du projet d'aéroport, ndlr) qui doivent gouverner les finances de la France". Plus loin, Thierry développe d’autres arguments : "Ça ne doit pas se faire parce que le développement du transport aérien est une impasse, l'aéroport de Bouguenais fonctionne très bien, une simple logique financière montre que Notre-Dame-des-Landes est une aberration."

Personnalités politiques sur place

Cécile Duflot, ancienne ministre écologiste du Logement est arrivée samedi dans l’après-midi. "Il faut qu'on sorte de la pression qu'on fait peser sur les gens qui vivent et qui travaillent ici et qui depuis tellement d'années vivent avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, il faut que ça s'arrête maintenant", a-t-elle déclaré.

Non loin, José Bové, député européen EELV et figure de la lutte du Larzac contre l'extension du camp militaire dans les années 70, distille des conseils. "On est à un tournant dans ce combat de Notre-Dame-des-Landes : on voit bien qu'aujourd'hui l'État est en train de comprendre que ce projet n'aboutira pas", estime-t-il. "Il faut que l'État accepte, c'est l'expérience du Larzac qui me le fait dire, de confier la gestion des terres de cet ancien projet à une structure qui se mettrait en place regroupant l'ensemble des habitants et des gens concernés sur le terrain".

Melting-pot de courants représentés

Dans les champs trempés de la ferme de Bellevue, au nord de la "Zone d'aménagement différée" ou "Zad" du projet, devenue depuis 18 mois le coeur de la résistance paysanne au projet, dans les chapiteaux, les débats se succèdent. Et tous les courants se côtoient, des opposants à la ferme des "Mille-Vaches" dans la Somme aux "No-Tav" (opposants à la ligne ferroviaire Lyon-Turin), en passant par les défenseurs des Amap (Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne) ou encore les opposants aux "violences policières" qui dénoncent l'usage des lanceurs de balle-souples. Les artistes aussi sont venus en militants, comme Sanseverino : "Je suis une espèce de citoyen qui a envie d'écologie et qui a envie d'un environnement sympathique, je n'ai aucune envie qu'il y ait un aéroport ici".

Mais partout, l'optimisme domine, depuis l'annonce cet hiver par le gouvernement que les travaux ne débuteront pas avant la fin des recours juridiques. Pourtant, pour Julien Durand, porte-parole de l'Acipa, principale association d'opposants, "tant que nous n'aurons pas une signature officielle du gouvernement arrêtant la déclaration d'utilité publique, le projet peut toujours revenir".


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