Pierre Lasry : "La prison Saint Michel est un lieu de fascination"

Le service METRONEWS
Publié le 11 décembre 2014 à 17h10
Pierre Lasry : "La prison Saint Michel est un lieu de fascination"

LIVRE – Pendant 18 mois Pierre Lasry, à la tête d'une agence de publicité à Toulouse, a recueilli des témoignages de 22 personnes ayant fréquenté l'ancienne prison Saint Michel. Le tout est compilé dans un livre "Une prison à Toulouse" accompagné de nombreuses photos et de témoignages audio.

Pourquoi avoir décidé de consacrer un livre à la prison Saint Michel?
Depuis tout petit, moi qui ai grandi dans le quartier, c'est un lieu de fascination. Un sentiment qui s'est décuplé quand il y a quatre ou cinq ans j'ai appris que la prison était toujours désaffectée. Je me suis demandé ce qu'il pouvait y avoir derrière ces murs et j'ai eu envie de faire des photos.

Le principe des témoignages s'est imposé de lui-même?
Oui c'est venu naturellement! Je ne voulais pas que ce soit un livre d'histoire, mais un recueil de témoignages, je souhaitais raconter ce qui constituait le quotidien de la prison en interrogeant les personnes qui avaient vécu dans la prison. Des résistants, des juges, les avocats, les surveillants ainsi que les détenus. Je n'ai pas eu aucun refus, à part un ancien prisonnier de droit commun.

Comment se sont déroulés les recueils de témoignages?

On y a travaillé pendant un an et demi avec ma fille qui a réalisé les photos. Les entretiens ont eu lieu dans la prison et ça a tout changé! Quand Angèle Bettini (incarcérée durant deux mois pour faits de résistance en 1940) est revenue dans sa cellule où elle a été détenue elle avait les larmes aux yeux. Pareil avec Me Pibouleau ou Me Cohen, deux avocats, qui ont franchi plus de mille fois le portail de la prison à Saint Michel et qui ont été émus quand ils y ont remis les pieds. Même s’il y avait de la violence et touchée par la surpopulation, la plupart des témoignages concordaient pour dire que c'était une prison à échelle humaine. Sauf les détenus pour qui ça reste un lieu de souffrance.

Aujourd'hui quel regard portez-vous sur les projets concernant ce lieu?
Tous ont un intérêt. Personnellement je serai favorable à ce qu'elle redevienne une prison. On peut également envisager d'en faire un endroit "mixte" où se côtoieraient de la culture, du logement, du lieu de mémoire, des associations. Il faut également mettre à jour le bâtiment en étoile en abattant les murs d'enceinte : j'ai passé 30 ans de ma vie sans savoir qu'il y avait cette bâtisse de style Philadelphien!
 


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