Pour se faire entendre, les avocats nantais font les morts

Le service METRONEWS
Publié le 24 octobre 2014 à 15h54
Pour se faire entendre, les avocats nantais font les morts

JUSTICE – Le barreau de Nantes appelle depuis deux jours les avocats à observer une "grève totale" des audiences et des gardes à vues, avant une première journée baptisée "Justice morte" lundi.

On connaissait le "Mur des Cons" du Syndicat de la Magistrature, qui avait fait polémique en son temps. Lundi matin, c'est un "Mur des Codes" que le barreau de Nantes va édifier devant le Palais de justice, à l'occasion de sa première journée "Justice morte" dans les juridictions locales. Quatre autres journées de ce type (les 4, 12, 20 et 28 novembre) ont également été décrétées par le barreau de Nantes , qui appelle depuis mercredi ses 870 avocats à observer une "grève totale". La profession veut ainsi s’opposer aux projets du gouvernement, parmi lesquels la création d’un "statut d’avocat-salarié" dans les entreprises. Il imposerait aux intéressés un "grand écart déontologique entre l’indépendance de l’avocat et l’état de subordination", fustige Jacques Lapalus, le bâtonnier du barreau nantais.

Revaloriser l'aide aux plus démunis

Les avocats grévistes entendent également dénoncer l’ouverture du capital des cabinets à des fonds extérieurs, ainsi que la suppression de la "territorialité de la postulation" devant le tribunal de grande instance, une clause qui impose aux avocats extérieurs de passer par un confrère local. Et ils réclament toujours la revalorisation des budgets accordés à l’aide juridictionnelle, un dispositif qui permet de les indemniser quand ils défendent les justiciables les plus démunis.

"Danger de mort"

Pour se faire entendre, le barreau de Nantes cesse depuis mercredi de désigner des avocats pour les gardes à vue ou les audiences (juge des enfants, cour d’assises…). Y compris celles où un client peut être incarcéré, comme les comparutions immédiates, une chose inédite pour les avocats nantais. "La profession est en danger de mort, nous ne pouvons la laisser mourir", justifie Jacques Lapalus. "Cette grève ne pourra se terminer que quand nous aurons l’assurance formelle de la part du gouvernement qu’il renonce à ses réformes ineptes."


Le service METRONEWS

Tout
TF1 Info