Pourquoi n’a-t-on pas toutes le même instinct maternel ?

Le service METRONEWS
Publié le 28 mai 2016 à 10h35
Pourquoi  n’a-t-on pas toutes le même instinct maternel ?

PSYCHO – Tel un phare dans la tempête, une maman réconforte, soutient, encourage, console sans compter. Si à l’adolescence, ses priorités ne sont plus les nôtres, elle reste fidèle à ce lien qui s’est construit aux premières heures. A l'occasion de la fête des mères 2016, metronews vous explique les ressorts de cette relation au long cours.

Anne Bacus, psychologue clinicienne, sexologue, psychothérapeute et auteure du guide des mamans débutantes ( Marabout ) décrypte en trois points ces pénibles moments de solitude.

► Ce qui se passe
"Chez l’Homme il n’y a pas d’instinct maternel. Nous avons bien sûr une part animale dans notre cerveau archaïque mais nous sommes beaucoup plus des êtres de désirs et de culture que des animaux. Aujourd’hui, on appelle ça sensibilité maternelle plutôt qu’instinct maternel. S’il existait, alors, nous saurions toutes, parfaitement, nous occuper de nos enfants de la même façon. Ce n’est pas le cas. Car, lorsque le bébé arrive, on doit alors apprendre à être mère. C’est lui qui nous apprend cette relation. Cette sensibilité maternelle va prendre forme plus ou moins vite et s’ouvrir sur des compétences qui elles-mêmes se développeront dans le temps. Ce processus est très variable d’une femme à l’autre. Variable selon différents critères tels que notre histoire d’enfance, selon la façon dont nous avons été nous-mêmes maternées, a-t-on voulu de cet enfant ? Voulait-on ce sexe-là, comment s’est déroulé l’accouchement ? etc… Tous ces éléments joueront sur ce premier élan et cette première sensibilité. Devenir maman est un apprentissage d’une durée variable ", rappelle Anne Bacus.

► Ce que l’on ressent
"Le ressenti est très variable. Parfois, la relation commence par un coup de foudre. Parfois. Ces premières heures ont été beaucoup rêvées par la maman, mais le bébé réel ne correspond pas à celui ou à ceux dont elle a rêvé et peut ressentir une désillusion. Il faut alors, sortir du rêve pour accueillir celui qui est là et dans le même temps, renoncer à l’enfant imaginaire. Ce qui provoque un moment de flottement. Le passage du rêve à la réalité est toujours vécu comme une perte. Quand bien même ce bébé réel peut être merveilleux. Dans la mesure où toute naissance est une adoption, l’élan qui se crée, lui, n’est pas automatiquement immédiat pour toutes les mamans. Cela rend l’investissement affectif un peu plus long " reconnaît l’auteure du guide des mamans débutantes.

► Comment s’en sortir
" Dans ce domaine, il n’y a pas de norme. Aussi , il convient d’oublier tout sentiment de culpabilité, en se reprochant de ne pas aimer d’emblée son petit et être du coup une mauvaise mère. Le bébé est un étranger avec lequel, on va devoir faire connaissance. Tout comme, il faudra également faire connaissance avec celle qui est devenue mère. S’accorder à lui et à soi peut prendre quelque temps mais arrivera ensuite l’attachement. Les choses instinctives viendront doucement, à condition de ne pas se forcer, ni culpabiliser. Il faut sortir du schéma de la mère parfaite. Dans les relations mère-enfant, il n’y a que des rencontres uniques. On s’apprivoise autour d’une rencontre qui passe par les cinq sens. Pour aller l’un vers l’autre, la maman ne doit pas s’oublier. Se réinvestir passe par le fait de pouvoir compter sur les autres, compagnon, personnel médical ou famille " insiste la psychologue.
 
À LIRE AUSSI
>>  P ourquoi les vacances en famille sont-elles toujours compliquées ?
>> Retrouvez tous nos "Pourquoi ?"


 


Le service METRONEWS

Tout
TF1 Info