Prostituées mineures à Lille: les pouvoirs publics passent à l'attaque

Le service METRONEWS
Publié le 1 décembre 2014 à 17h55
Prostituées mineures à Lille: les pouvoirs publics passent à l'attaque

SOCIETE – En deux ans, les contrôles de prostituées mineures ont été multipliés par six à Lille. Les policiers lillois ont reçu des instructions pour s'adapter à ces adolescentes âgées parfois de seulement douze ans et souvent en fugue.

Un phénomène très inquiétant. La prostitution de jeunes mineures, parfois jusqu'à douze ans, ne cesse de croître à Lille. Depuis le début de l'année, les policiers ont déjà contrôlé 26 prostituées mineures, alors qu'elles étaient au nombre de 13 en 2013 et de seulement 4 en 2012.

Vendredi, deux individus ont été arrêtés pour avoir prostitué neuf adolescentes âgées de 12 à 17 ans . En août, une fille de douze ans avait été interpellée deux fois dans la même soirée . Un secteur spécialement réservé à la prostitution des mineures a même vu le jour dans le quartier du Peuple-Belge, situé dans le centre de Lille. Face à cette recrudescence, un protocole spécial a été mis en place chez les forces de l'ordre.

Des contacts sociaux et médicaux

"Il n'était pas prévu d'avoir des filles aussi jeunes, mais nous tombons de plus en plus sur ce type de profil, indique à metronews un porte-parole des policiers lillois. Nous prenons le temps de discuter avec elles et de leur donner des contacts sociaux et médicaux. En accord avec le parquet et en cas d'absence de parents, nous avons l'autorisation de les maintenir en garde à vue, afin d'attendre que leurs foyers n'ouvrent le matin. Nous ne voulons pas les remettre à la rue. Nous sommes des pères de famille, cela nous touche particulièrement."

De son côté, le parquet de Lille a accentué ses mesures dissuasives, avec une multiplication des comparutions immédiates pour les proxénètes, la présentation systématique devant un magistrat pour les clients et la saisie d’un juge pour enfants pour les prostituées mineures. L’association de prévention Itinéraires a créé, elle, un service spécial baptisé Entr’Actes, qui reçoit souvent ces jeunes filles déboussolées. Selon Slimane Kadri, son directeur, il s'agit généralement d'adolescentes en fugue de leur domicile ou de leur foyer d'accueil. "Elles fuguent souvent en groupe et certaines leur donnent le mauvais exemple pour financer leur hôtel et leurs vêtements", témoigne-t-il.


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