Quand les policiers jouent les monos

Le service METRONEWS
Publié le 26 octobre 2014 à 11h18
Quand les policiers jouent les monos
L'essentiel

DELINQUANCE – Dans le quartier des Moulins, à Nice, le Centre loisirs jeunesse de la Police nationale assure depuis plus de trente ans une mission de prévention de la délinquance auprès des adolescents. Reportage avec ces policiers qui sont aussi des éducateurs.

"C’est une lucrèce, un poisson de roche qui sera parfait pour la soupe ce soir !", s’écrie Sébastien à la vue du spécimen que l’un des jeunes vient de sortir de l’eau. Ce jour-là, ce policier-moniteur affecté depuis cinq ans au Centre loisirs jeunesse (CLJ) des Moulins encadre une vingtaine de jeunes du quartier venus s’installer, avec leur canne à pêche, sur les rochers du petit port de Carras, à Nice.

Le gardien de la paix s’active d’un gamin à l’autre pour expliquer comment accrocher un ver à l’hameçon et surveiller si le poisson mord. "Il faut gérer les enfants, ce n’est pas toujours évident, explique Sébastien, mais avec ce genre d’activités j’ai vraiment le sentiment de leur apporter quelque chose, de les sortir du quartier et de leur donner une autre image des policiers, à eux et à leurs familles."

Baby-foot et kayak

Les jeunes semblent en redemander. "C’est trop bien, lance Laoura, 13 ans, j’ai déjà pu faire du baby-foot, du kayak et du VTC." Yassine, 18 ans, et Hedi, 14, confirment : "Ça nous permet de sortir dehors faire du sport, expliquent-ils, plutôt que de rester à la maison jouer à la “Play”. On peut aussi faire du ski l’hiver. À 8 € la journée, c’est quelque chose qu’on ne pourrait pas se payer. Et puis, comme ce sont des policiers, on n’a pas intérêt à faire de bêtises !"

Créé en 1976 dans le quartier des Moulins, le CLJ de Nice est l’un des plus anciens de France, et celui qui propose le plus d’activités. Au total, à l’année, il accueille pas moins de 500 jeunes, avec cinq fonctionnaires en activité dont une femme. Depuis ce week-end, à la suite des travaux de rénovation du quartier, il a emménagé dans de nouveaux locaux situés près de la mairie annexe de Saint-Augustin.

Permis à points

"Mais attention, précise Érick Meygret, le policier-moniteur qui dirige le CLJ, il ne s’agit pas de simples loisirs de consommation. Chaque activité est un support pour la prévention. En sortie, notamment, le policier en profite pour inculquer des règles de vie et de citoyenneté aux jeunes."

Les adhérents du CLJ se voient ainsi attribuer à leur arrivée un permis à points. "Pour toute insulte ou écart de conduite, le jeune perd un point, explique Sébastien, qu’il peut ensuite racheter en rangeant le local, par exemple. Avoir tous ses points est indispensable s’il veut participer aux activités les plus demandées, comme le kart ou le jet-ski." Il y a une dizaine d’années, en raison de restrictions budgétaires et d’une moindre attention portée par l’administration au volet préventif du travail policier, les autres CLJ de Nice, à Pasteur et à L’Ariane, ont été fermés.