Quel avenir pour la SNCM ?

Publié le 7 septembre 2014 à 12h15
Quel avenir pour la SNCM ?

JUSTICE - C'est plus de 200 millions d'euros que la SNCM va devoir débourser. La compagnie maritime est plombée par une nouvelle décision européenne. L’avenir semble s’assombrir pour l’entreprise qui représente plus de 2000 emplois directs à Marseille, mais les syndicalistes tempèrent. Décryptage.

Le couperet est tombé. Un peu plus de 200 millions d'euros devront être versés  par la SNCM à l’Etat français. La cour de justice européenne a demandé le remboursement des aides publiques accordées à la compagnie maritime lors de sa privatisation en 2006. Une décision d’autant plus inquiétante que ses capacités financières sont limitées . Un chèque de 10 millions d'euros d’aides promises par le gouvernement Ayrault vient d’ailleurs d’être encaissé pour éviter que la trésorerie ne soit déficitaire.

Le montant de cette amende a de quoi faire frémir. Chez les syndicats, pourtant, "c’est un non-événement, cette décision était attendue et ne fait que confirmer une première instance de septembre 2012. Des recours existent", assure Frédéric Alpozzo de la CGT marins. "C’est même moins grave que prévu puisque l’amende passe de 220 à 205 millions d'euros" relève Maurice Perrin de la CFE-CGC.

"La SNCM doit se mettre en redressement judiciaire"

Les responsables syndicaux le reconnaissent néanmoins, l’inquiétude est là. Antoine Frérot, le PDG du coactionnaire principal Veolia, l’a répété ce week-end sur France Inter : la SNCM doit "se mettre en redressement judiciaire" pour sauver la partie rentable de son activité. Un scénario totalement honni par le personnel et qui avait provoqué le dernier mouvement de grève cet été .

Pour l'heure, les discussions sur l’avenir de la compagnie sont encadrées par le médiateur Gilles Bélier. Elles excluent jusqu’au mois d’octobre toute procédure de redressement. L’arrivée d’un repreneur sonnerait la fin d'un long chemin de croix. Mais qui accepterait de reprendre une entreprise avec une telle épée de Damoclès sur sa tête ? D’autant plus qu'aux 200 millions réclamés par l'Etat s'ajoute une autre ardoise de 400 millions d'euros, toujours liée à des aides publiques. Le patron de la compagnie américaine Barja Ferries se verrait bien dans le rôle du repreneur, mais seulement "si une solution est trouvée pour [ces] amendes", tranche Daniel Berrebi.
 


La rédaction de TF1info

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