RER bondés : et si les salariés décalaient leurs horaires de travail ?

Le service METRONEWS
Publié le 18 novembre 2014 à 16h35
RER bondés : et si les salariés décalaient leurs horaires de travail ?

TRANSPORTS – Une quinzaine d'entreprises de Plaine Commune, en Seine-Saint-Denis, vont expérimenter les horaires décalées pour tenter de fluidifier le trafic des RER.

Quel Francilien ne connaît pas la galère des transports en commun aux heures de pointe ? La SNCF a planché un an sur la question. Et propose, pour désaturer le trafic des RER, que les horaires de travail des salariés... soient décalés. L'idée, lancée en 2013, va être mise en application dans une zone pilote. L'expérimentation sera menée à Plaine Commune, communauté de neuf agglomérations de Seine-Saint-Denis, où le trafic ferroviaire a explosé de 50% en une décennie.

Un décalage d'un quart d'heure

Concrètement, une quinzaine de grandes entreprises, dont la SNCF, vont proposer à plusieurs milliers de salariés volontaires d'emprunter les transports en commun en dehors des heures de pointe. "Le décalage peut aller du quart d'heure à la demi-heure, ce ne sont pas des changements énormes", explique pour metronews Liane Mathiaut, responsable du projet pour SNCF Transilien.

Objectif : réduire de 10% la demande de transport aux horaires critiques. Car si les taux d'occupation des trains ne dépassent pas 40% en heures creuses, ils sont au contraire de 250% en "hyperpointe", soit entre 7h30 et 9h et entre 17h et 18h30. Un phénomène qui risque de s'aggraver si rien n'est fait : 3% de voyageurs supplémentaires s'ajoutent chaque année aux 3 millions de passagers quotidiens du réseau Transilien.

La réussite bretonne

L'idée s'inspire de l'exemple rennais, où Keolis, qui gère les transports dans la préfecture d'Ille-et-Vilaine, a convaincu l'université de décaler le début des cours de certains étudiants de 8h15 à 8h30. Un décalage qui a ainsi permis une baisse de 5% du taux d'occupation. "Si l'exemple de Rennes est une belle réussite, le cas de l'Ile-de-France est bien plus complexe, analyse Liane Mathiaut. Les saturations ne sont pas les mêmes selon les lignes." Et si le décalage des horaires est une solution, "ce n'est pas la seule", ajoute la responsable qui souhaite généraliser l'expérimentation à l'ensemble de la région.

Car si le pari a réussi à Rennes, le challenge pour la région la plus peuplée de France est ambitieux. "Si cela peut-être efficace de manière ultra locale, il faudrait contraindre une très grande quantité d'entreprises pour avoir un effet notable à plus grande échelle, nuance pour metronews Fabrice Michel, porte-parole de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports d'Ile-de-France. Sans compter que certaines professions, des fonctionnaires aux commerçants, ne peuvent tout simplement pas décaler leurs horaires." Malgré tout, concède-t-il, l'initiative "a le mérite d'aller dans le bon sens".

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