Risques d'incendie domestique : les pompiers donnent l'alerte

Sibylle Laurent
Publié le 30 septembre 2014 à 12h40
Risques d'incendie domestique : les pompiers donnent l'alerte

SECURITE – Les pompiers de Loire-Atlantique lancent une campagne de sensibilisation auprès des habitants, particulièrement ceux du centre de Nantes, au risque d’incendie domestiques. Ce quartier compte en effet de nombreuses habitations vétustes.

Juillet dernier. Un camion de pompiers tente de passer rue du Château, une ruelle étroite. Mais l’enseigne d’une boutique, sorte de diamant géant, l'en empêche. La pièce a dû être démontée. Une scène insolite, mais révélatrice des difficultés que rencontrent trop souvent les pompiers au cours de leurs interventions. Alors les hommes du feu ont décidé de prendre les choses en main.

Les sapeurs-pompiers de Loire-Atlantique ont en effet décidé de sensibiliser les habitants aux risques d’incendie domestique. Trente-quatre îlots situés dans le centre-ville et aux abords ont été identifiés comme posant des problèmes : un accès difficile pour les secours, des bâtiments enchevêtrés, des rues étroites… "Les problématiques diffèrent selon les quartiers. Certains comptent un habitat très ancien construit à différentes époques, avec parfois des matériaux inflammables et des installations qui ne sont pas aux normes", rappelle Michel Gaborit, responsable du secteur sécurité civile à la mairie.

Peu d'incendies mortels

A Nantes, le nombre d'incendies domestiques reste stable : environ un par semaine, soit une cinquantaine par an. Surtout, très peu sont mortels : deux décès ont été recensés depuis 2006. Des chiffres qui contrastent avec la situation nationale : un incendie se déclare toutes les deux minutes, dont 70 % la nuit, causant 800 décès par an, dont 30 % d’enfants.

Mais la cité des ducs a connu quelques épisodes traumatisants. Comme l’incendie de l’Hôtel Duchesse-Anne, en 2004, qui avait ravagé ce bâtiment classé. Plus récemment, le 1er avril 2012, le passage de la Châtelaine a vu ses huit boutiques et sa vingtaine d’habitations détruites par les flammes. En octobre 2012, l’incendie de la rue du Calvaire avait nécessité l’évacuation de 36 personnes en pleine nuit. Dernier fait-divers en date : le 13 décembre 2013, un feu dans un appartement de la rue Kervégan a mobilisé 45 pompiers toute une nuit dans cette rue bordée d'immeubles datant du XVIIIe siècle.

Les bons réflexes

Les causes de ces départs de feu sont souvent les mêmes : "Un tiers sont d’origine électrique, dû à des prises surchargées, installations vétustes, appareils électriques laissés sans surveillance...", précise Michel Gaborit. Une solution : les détecteurs de fumée, bientôt obligatoires dans tous les logements. "Ils permettent d’être alertés très tôt, indique Céline Guilbert, capitaine du Sdis 44. Mais cela ne suffit pas. Il faut avoir les bons réflexes : ne pas se mettre dans une cage d’escalier intoxiquée ou encore se rapprocher d'une fenêtre." Les pompiers vont mettre en place progressivement des ateliers de sensibilisation dans les quartiers.
 


Sibylle Laurent

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