Sans le "Dieselgate", 5.000 morts auraient pu être évitées

La rédaction de LCI
Publié le 18 septembre 2017 à 12h18
Sans le "Dieselgate", 5.000 morts auraient pu être évitées

SANTÉ - 10.000 morts prématurées en Europe sont causées par les excès d’oxydes d’azote, dégagés essentiellement par les moteurs diesel. C'est le constat édifiant que dresse une étude publiée ce lundi. Selon elle, près de la moitié de ces décès auraient été évités si les émissions d'oxydes d'azote par ces véhicules sur la route avaient été les mêmes que celles observées en laboratoire.

Les émissions des véhicules au diesel truqués par les constructeurs pour paraitre plus écologiques pourraient être responsables de 5.000 morts par an en Europe du fait de la pollution de l'air, indique une étude lundi. Cette dernière, parue lundi dans la revue Environmental Research Letters, se concentre sur la situation en Europe (les 28 pays de l'Union européenne + la Norvège et la Suisse).

Les chercheurs, basés en Norvège, en Autriche, en Suède et aux Pays-Bas, ont calculé qu'environ 10.000 morts peuvent être imputées tous les ans en Europe à la pollution aux particules fines émises par les véhicules légers fonctionnant au diesel.

Des milliers de morts prématurées

Près de la moitié d'entre elles (environ 4.750) auraient été évitées si les émissions d'oxydes d'azote (NOx) par ces véhicules sur la route avaient été les mêmes que celles observées lors des tests en laboratoire, allusion au "Dieselgate" dont se sont rendus coupables plusieurs constructeurs automobiles (à commencer par Volkswagen en 2015, Renault ou encore dernièrement PSA) et qui consistait à réduire les émissions polluantes spécifiquement lors des tests d'homologation.  

De plus, si les voitures diesel émettaient aussi peu de NOx que celles fonctionnant à l'essence, environ 4.000 de ces 5.000 morts prématurées auraient été évitées, selon les auteurs. 

L'Italie, l'Allemagne et la France

Les pays comptabilisant le plus de morts sont l'Italie, l'Allemagne et la France, "à cause de leurs populations importantes et de la proportion élevée de voitures au diesel", précisent-ils. Plus de 100 millions de voitures au diesel circulent en Europe, deux fois plus que dans le reste du monde, soulignent les auteurs.

Les moteurs diesel émettent moins de dioxyde de carbone, nocif pour le climat, que ceux à essence, mais nettement plus de NOx. Les NOx, en particulier le dioxyde d'azote (NO2), sont des gaz d'échappement nocifs pour le système respiratoire. Le NO2 contribue en outre à la formation d'ozone, un autre polluant, lors de journées chaudes et ensoleillées.

Dans la foulée du "Dieselgate" déclenché à la suite des trucages de Volkswagen, des tests d'émission plus stricts sont entrés en vigueur en septembre en Europe.


La rédaction de LCI

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