Sarkozy - Juppé : les militants se déchirent

Le service METRONEWS
Publié le 22 novembre 2014 à 20h45
Sarkozy - Juppé  : les militants se déchirent

RIVALITÉ - Le meeting de Nicolas Sarkozy sur les terres d'Alain Juppé ce samedi s'annonçait comme une parenthèse dans la rivalité entre les deux hommes. Il n'en fut rien. Car du côté des militants UMP, la guerre pour 2017 est déjà déclarée.

"J'ai eu tellement honte". Frédéric, un étudiant bordelais de 23 ans, s'est senti bien seul ce samedi après-midi, au milieu des quelques 4.000 militants venus applaudir Nicolas Sarkozy, en meeting au Hangar 14 à Bordeaux. Car comme bon nombre de Bordelais, Frédéric est un grand supporter de son maire, Alain Juppé. Et malgré la rivalité entre les deux hommes, leurs retrouvailles ce samedi promettaient d'être cordiales. Il n'en fut rien. "A peine monté sur scène, il s'est fait huer, j'étais si mal pour lui!", nous confie Camille, assistante de direction.

À LIRE AUSSI >> Juppé hué et sifflé à Bordeaux au meeting de Sarkozy

Le maire de Bordeaux est indétrônable dans le cœur des Bordelais. Les sarkozystes le savent. Alors pour ne pas perdre la face, ses soutiens locaux avaient mis les bouchées doubles pour remplir la salle : des bus ont été affrétés de toute la région, et même au-delà. "Certains viennent même de Charente, nous expliquait ainsi la veille Patrice Zubieta, président de l'Union de la France Forte (UFF) une association de militants sarkozystes. Le but, il ne s'en cachait pas : "Faire venir les pro-Sarkozy sur les terres d'Alain Juppé". Force est de constater que le pari a été réussi.

"Sa venue est hypocrite"

A Paris comme à Bordeaux, on jure que Nicolas Sarkozy et Alain Juppé ne sont pas rivaux : le premier est candidat à la présidence de l'UMP, le second à la primaire pour 2017, argue-t-on. Mais les supporters de Nicolas Sarkozy, eux, voient la chose autrement. Arborant leur badge "Mon président !", les militants ont déjà les yeux rivés sur 2017. Alain Juppé, ils le savent, se dressera sur la route de leur champion.

Lucienne, 71 ans, n'attend donc pas la primaire pour faire connaître sa préférence. "J'ai sifflé Juppé car sa venue aujourd'hui est hypocrite, on sait bien qu'il veut faire perdre Nicolas Sarkozy", nous explique cette retraitée venue de Poitiers. "La preuve, il veut une primaire ouverte en 2016 pour avoir toutes ses chances", poursuit-elle. Cette exigence, le maire de Bordeaux l'a reformulée lors de son court discours sur scène, sous les sifflets des militants.

Autre point abordé qui marque sa différence avec l'ancien Président : le maire de Bordeaux a insisté pour que l'UMP se tourne vers le centre. Là encore, la salle a grondé. "Alain Juppé est un soutien de François Bayrou, grince le président de l'Union de la France Forte. Pour moi, ce dernier reste celui qui a appelé à voter Hollande en 2012, un traître", assène-t-il. Autour d'Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, ce samedi, on promettait des retrouvailles cordiales. Ce fut, en fin de compte la fracture d'un camp.


Le service METRONEWS

Tout
TF1 Info