Seita à Carquefou : les salariés vont crier leur colère à Paris

Publié le 16 juin 2014 à 17h44
Seita à Carquefou : les salariés vont crier leur colère à Paris

SOCIAL - Les employés de l’usine de cigarette menacée de fermeture veulent manifester mardi, devant le siège d’Imperial Tobacco, alors que le groupe a prévu de présenter les détails du plan social aux élus du personnel.

Ils continuent à crier leur colère. Et vont le faire à Paris. Mardi, les salariés de la Seita, usine de Carquefou menacée de fermeture vont aller manifester devant le siège de la filiale d’Imperial Tobacco, dans le 14e arrondissement. Le plan social annoncé en avril par le cigarettier Seita doit en effet y être détaillé devant les élus du personnel. 366 suppressions nettes de postes sont prévues. La réunion du Comité central extraordinaire (CCE) doit démarrer à 9 heures. Les employés de l'usine nantaise condamnée ont prévu de venir en nombre.

Le moment promet d’être important : le CCE n'avait pas été réuni depuis la vaste restructuration annoncée mi-avril par le groupe britannique. En France, le Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) prévoit, outre la fermeture de l'usine nantaise de Carquefou, la fin du petit centre de recherche de Bergerac (Dordogne), ainsi que des suppressions de postes à Fleury-les-Aubrais (Loiret) et au siège. Au total, 366 suppressions nettes d'emplois sur 1 150, soit près du tiers des effectifs. Le groupe a également prévu de fermer son usine historique de Nottingham.

"Cela va être difficile de limiter les débordements"

Depuis l'annonce, la mobilisation n’a pas faibli à Carquefou. Les salariés ont fait grève pendant plus de quinze jours et la direction a fait fermer l'usine après que cinq cadres y ont été retenus pendant 24 heures. Un accord de fin de conflit a été trouvé la semaine dernière . Sans pour autant apaiser les troupes. "A Nantes, les salariés sont encore très en colère. On va essayer de limiter les débordements mais ça va être difficile", indique Eric Comparot, délégué syndical CGT.

Mardi, les motifs et les mesures du plan d’accompagnement des salariés vont être présentés. Mais les négociations entamées en parallèle avec les syndicats n'ont, selon le délégué, "guère avancé" : "On voudrait que la direction étudie des mesures alternatives, comme le transfert d'une partie de la production à Riom", l'autre usine du fabricant. "Cela ferait potentiellement une cinquantaine d'emplois pour des salariés de Nantes". Et s’il est impossible d’empêcher la fermeture du site de Nantes, la CGT demande "que la production diminue progressivement et non brutalement début 2015", afin de permettre la recherche de repreneurs "sereinement, pas forcément dans l'industrie du tabac".

En reprenant l'ex-régie publique des tabacs en 2008, le groupe britannique Imperial Tobacco avait déjà supprimé un millier d'emplois, soit la moitié des effectifs. Le groupe, quatrième mondial, a annoncé en février un résultat net en recul de 6% et un plan d'économies de 300 millions de livres (365 millions d'euros).
 


La rédaction de TF1info

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