SOCIAL – Environ 200 employés de l’usine de cigarette de Carquefou sont allés protester devant le siège social du groupe, alors que le plan social était présenté aux élus du personnel.

Les murs portent les traces de la colère des manifestants. Les œufs et la peinture, jetés, embrument les vitres de l’immeuble d’Imperial Tobacco. Plus de 200 salariés ont en effet protesté ce mardi devant le siège du cigarettier à Paris dans le 14e arrondissement. Parmi eux, environ 200 employés venus de Carquefou, près de Nantes. Le 15 avril en effet, ils ont appris la suppression de leur site en 2015.

Les détails du plan social étaient annoncés aux élus du personnel ce mardi, lors d’un comité central extraordinaire. C’était la première réunion entre élus du personnel et direction depuis l’annonce de la restructuration, occasion qu’ont voulu saisir les salariés des sites concernés pour venir crier leur colère.

Négociations à partir du 30 juin

Réunis dans la rue, certains salariés portaient des masques blancs, des combinaisons blanches ou des tee-shirts sur lesquels était écrit "Le licenciement tue". "Les salariés voulaient tous venir. C'est très tendu, il n'y a pas de volonté d'apaisement de la direction qui a refusé toute discussion", a déploré Eric Comparot, délégué central CGT. En effet, dans la foule, l’énervement monte. De la peintures et des oeufs sont lancés sur les fenêtres dans un vacarme de tambours de pétards et de sifflets. Sur les pancartes, des inscriptions : "Aujourd'hui c'est nous, demain peut-être vous", "Luttons pour la sauvegarde de nos emplois" ou "Imperial m'a tuer".

Certains employés sont venus "par solidarité". Comme Sébastien Torre, du Havre, site non concerné par les suppressions de postes : "Ce plan n'est pas normal alors que l'entreprise fait des bénéfices", déplore-t-il. "De plus, le groupe réembauche en Pologne près de 150 personnes pour faire la même chose que nous. C'est une délocalisation masquée". De son côté, Eric Comparot déplore l'absence de l'Etat, qui "semble totalement indifférent au problème" : "Le plan n'a pas évolué depuis l'annonce (en avril, NDLR). C'est toujours le minimum légal avec un mois par année d'ancienneté d'indemnité et six mois de reclassement". Une première réunion de négociation entre l'intersyndicale et la direction a été fixée au 30 juin. La dernière interviendra le 17 octobre.

En France, le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) de Seita annoncé en avril prévoit, outre la fermeture de l'usine de Carquefou, près de Nantes, la fin du centre de recherche de Bergerac (Dordogne), ainsi que des suppressions de postes à Fleury-les-Aubrais (Loiret) et au siège.
Au total, 366 suppressions nettes d'emplois sur 1 150 sont prévues, soit près du tiers des effectifs.
 


La rédaction de TF1info

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