Seita : un accord finalement trouvé pour le plan social

Le service METRONEWS
Publié le 16 octobre 2014 à 11h16
Seita : un accord finalement trouvé pour le plan social

SOCIAL – Les syndicats ont signé un accord sur les mesures d’accompagnement proposées aux licenciés avec le cigarettier Seita, qui veut supprimer un tiers de ses effectifs.

Ils se sont finalement dit oui. Mercredi soir, les syndicats, qui protestaient depuis 6 mois contre le plan social , ont signé un accord sur les mesures d'accompagnement proposées aux licenciés par Seita. Le cigarettier, qui veut supprimer un tiers de ses effectifs en France, a fini par les convaincre.
La filiale d'Imperial Tobacco avait en effet convoqué les élus du personnel à un dernier Comité central d'entreprise (CCE), mercredi à son siège à Paris, pour boucler la procédure d'information du Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE).

La réunion, qui a duré toute la journée, constituait un ultime rendez-vous pour les deux camps, qui bataillent depuis plus de quatre mois. En cas d'impasse, la direction aurait dû rédiger un plan unilatéralement, avec le risque de conditions moins bonnes pour les salariés. Répondant à la demande "de la très grande majorité des salariés", les trois syndicats représentatifs (CGT, Unsa et CFE-CFC) ont accepté "à l'unanimité" les modalités du plan social imposées par la direction.

Délocalisation partielle en Pologne

L’entreprise s'engage ainsi à verser à des indemnités supplémentaires de licenciement égales à 1,5 mois par année d'ancienneté et permet une préretraite d'entreprise dès 52 ans avec 70% du salaire garanti. Il avait présenté son plan comme "assez exemplaire", avec des conditions "très nettement supérieures à ce qui se fait en moyenne".

Le fabricant des célèbres Gauloises et Gitanes avait créé la stupeur au printemps en annonçant la suppression nette de 366 emplois (sur 1 150) et la fermeture de sa principale usine à Carquefou (Loire-Atlantique) près de Nantes, ouvrant la voie à une délocalisation partielle en Pologne.
Le bras de fer entre Seita et ses salariés en lutte avait conduit certains d'entre eux à démarrer une grève de la faim le 29 septembre. Ils y ont mis fin mercredi après-midi.

"500 millions de résultats d'exploitation en 2013"

Mais ce licenciement économique est-il justifié ? La Seita affirmait en avril avoir "vu fondre ses résultats de 25% ces trois dernières années", une analyse que conteste la CGT. D'après les syndicats, la filiale française "est forte contributrice du groupe" Imperial Tabacco, avec "500 millions de résultat d'exploitation en 2013". Ils dénoncent des "licenciements boursiers" et s'appuient sur les conclusions d'un cabinet d'experts comptables, qui s'étonne du "manque de sérieux pour justifier d'une quelconque difficulté économique du groupe et de sa filiale".

La société Progexa, mandatée par les élus du CCE, dénonce en effet dans un rapport à charge la "stratégie court-termiste" du groupe Imperial Tabacco, qui "privilégie le retour de cash aux actionnaires au détriment de l'investissement industriel et commercial". Mi-août, le cigarettier britannique avait fait état d'un effritement de 1% de son chiffre d'affaires, dû aux "conditions de marché difficiles" dans les marchés arrivés à maturité, notamment au Royaume-Uni et en France.

En 2013, l'usine de Carquefou avait produit plus de 12 milliards de cigarettes, essentiellement Gauloises blondes, News et JPS.


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