Seita : une gréviste de la faim arrête, le combat continue

Le service METRONEWS
Publié le 10 octobre 2014 à 11h08
Seita : une gréviste de la faim arrête, le combat continue
L'essentiel

SOCIAL – Christel, 54 ans, a décidé d’arrêter la grève de la faim qu’elle avait entamé le 29 septembre dernier avec 5 autres salariés. Mais la mobilisation continue, chez les employés de l’usine promise à la fermeture en 2015.

Elle jette l’éponge. Christel, 54 ans, une des employés de la Seita a stoppé jeudi la grève de la faim qu’elle menait depuis 11 jours . Ils sont désormais 4 hommes à avoir arrêté de s’alimenter, pour protester contre la fermeture de leur usine, promise en 2015.

Dans la matinée de jeudi, Christel, comme ses compagnons, avait délaissé les toiles de tentes installées devant l’usine, pour aller manifester du tribunal de Nantes à la préfecture, aux côtés des autres employés. "Je suis foutue, je suis rincée, j'ai le moral à zéro", lâchait-elle, de son fauteuil roulant. "Ça fait mal aux tripes. Mais la direction nous ignore totalement. Comme ils ne nous écoutent pas, on n'avait plus le choix", expliquait-elle, entourée de quatre autres grévistes de la faim et de plusieurs dizaines de salariés.

"Obligé d'aller à l'extrême"

Depuis l’annonce du plan social, les salariés ont multiplié les actions (manifestation, rétention des cadres pendant 24 heures). Mais sans réponse de la part du groupe, Christel s’est "sentie obligée d'aller à l'extrême". Mais le désespoir perce chez les employés. "Ça fait 11 jours et aucun signe de personne, pas même des cadres locaux avec qui on a partagé notre vie pendant dix ans", dit en soupirant Marceau Delpont, salarié non gréviste de 59 ans. "Leurs femmes, leurs enfants passent devant nous tous les jours, sans un regard". Lui a connu "quatre fermetures en 37 ans à la Seita".

"A Carquefou, plus de 70% des salariés ont été mutés. Ce sont des gens qui ont déjà vécu ça et qui n'ont pas envie de le revivre. C'est un cri de détresse, on veut des réponses", martèle une autre salariée, Myriam. Son époux Francis a mis un terme à sa grève de la faim mardi, trop "esquinté".

"L'entreprise génère tant de bénéfices !"

A côté, Frédéric, qui ne mange plus depuis 11 jours, ne lâche pas : "C'est extrême, mais l'entreprise génère tant de bénéfices, 570 millions d'euros juste à Carquefou ! Et la direction veut acheter notre silence". Il a perdu "sept kilos" en onze jours. De son côté, la direction de la Seita a déclaré n'être "pas insensible" à la grève de la faim, et déploré dans un communiqué "la situation qui a conduit certains collaborateurs à mettre leur vie en danger". Elle a réaffirmé son "engagement à trouver des solutions professionnelles pour chacun des salariés concernés" par la fermeture. Elle a même souligné qu’elle avait mis en place un pôle médico-psycho-social pour les accompagner, auquel 168 salariés ont fait appel.

Mais jeudi matin, les syndicats de la Seita ont décidé de refuser "en l'état" les mesures d'accompagnement proposées par le cigarettier pour les salariés licenciés. Avec un avocat, les employés ont déposé un recours en référé (procédure d'urgence) au tribunal pour stopper la fermeture du site. L’audience a été reportée au 16 octobre. Mardi prochain, ils appellent à un grand rassemblement à 10 h 30 sur le parvis de la gare sud de Nantes "contre les licenciements boursiers".