Six salariés entament une grève de la faim à la Seita : "C’est notre denier espoir"

Sibylle Laurent
Publié le 29 septembre 2014 à 15h22
Six salariés entament une grève de la faim à la Seita : "C’est notre denier espoir"

SOCIAL – Les salariés de l’usine Seita de Carquefou tentent toujours d’empêcher la fermeture de leur site, en 2015. Pour l’instant, la direction refuse de revoir son plan social.

C’est leur dernier recours. Leur dernier espoir, même s’il est désespéré. Ce lundi, 6 employés de l’usine Seita à Carquefou ont décidé d’entamer une grève de la faim. Depuis six mois maintenant, ils protestent contre la fermeture de leur usine de cigarettes. Rien n’a fait reculer la direction.
"Cela fait un petit moment que des salariés avaient ce geste en tête. On n’était pas spécialement pour", explique David Rolandeau, délégué syndical chez Sud tabac. "Mais c’est un peu le dernier espoir, pour s’opposer à cette fermeture absurde."

La bataille contre la direction du groupe dure depuis avril dernier, date à laquelle ils ont su la nouvelle : le fabricant de cigarettes Seita, filiale du groupe anglais Impérial Tobacco va supprimer 366 postes . Et pour cela, il ferme son site de Nantes, qui fait travailler 327 salariés. Un coup de massue. Les employés ont tout essayé pour défendre leur usine : manifestation devant les grilles à Carquefou, à Paris devant le siège lors des phases de négociations du plan social, appel aux élus. Quelques fois, la colère a fait commettre à certains des gestes désespérés : occupation de l’usine, retenue sur le site de cadres pendant plusieurs jours, destruction de stocks de cigarettes… Lundi dernier encore, ils étaient 200 à manifester à Paris, pour la dernière réunion de négociation. Toujours alternant entre l’envie d’y croire encore, et ras-le-bol.

"On reprend nos horaires de travail pour se relayer auprès d'eux"

"On demande juste du temps pour les négociations, pour avoir le temps de se retourner", indique David. "Il existe des solutions alternatives à la fermeture, mais elles n’ont pas été explorées : il y aurait moyen d’ouvrir plus de postes dans les autres sites, de transférer une partie de la production, de conserver de l’emploi dans cette usine qui est rentable !" Peine perdue.

Alors ce lundi matin la décision a été prise. Six employés, cinq hommes de 35 à 45 ans, et une femme de 54 ans ont décidé d’arrêter de s’alimenter pour les jours – et peut-être les semaines à venir. "On est en train d’installer des barnums, il y a déjà des tentes. Un Algeco va arriver, pour les toilettes et les sanitaires", explique David Rolandeau. Le tout, devant les grilles de leur établissement, au sein duquel les employés ne peuvent plus pénétrer depuis que la direction a fait clore les portes, à la suite de dégradations.

Mais les six salariés vont être entourés. Car les employés ont décidé de se relayer auprès d’eux. "Actuellement, tout le personnel est en congé, n’ayant pas le droit de rentrer sur le site", indique David Rolandeau. "Mais plutôt que chacun ne reste chez soi, on va reprendre les horaires de travail qu’on avait avant par équipe, pour s’occuper d’eux."
 


Sibylle Laurent

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