Tirs de kalachnikovs à La Castellane : une enquête façon puzzle

Le service METRONEWS
Publié le 19 février 2015 à 17h37
Tirs de kalachnikovs à La Castellane : une enquête façon puzzle

FAIT DIVERS – Deux hommes placés en garde à vue dans l’affaire des tirs à la kalachnikov le 9 février dernier à la cité de la Castellane vont être déférés devant le parquet. Une avancée majeure dans l’enquête sur cette probable guerre de territoire dans une citée connue pour les trafic de drogue qui y ont lieu.

L’enquête sur les tirs de kalachnikovs dans la cité de la Castellane n’a pas encore livré tous ses mystères, mais les éléments se mettent progressivement en place. Rappel des faits : lundi 9 février, vers 9h30, en pleine visite du Premier ministre Manuel Valls pour parler des chiffres de la délinquance à Marseille, des tirs de kalachnikovs sont entendus en plein cœur de la cité. Des riverains témoignent de la présence d’un commando armé et cagoulé rodant au pied des cités.

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En patrouille avec un équipage de police, le directeur départemental de la sécurité publique des Bouches-du-Rhône, Pierre-Marie Bourniquel, se rend immédiatement sur place et se retrouve à proximité d’une deuxième rafale. L’affaire s’emballe. Le GIPN est dépêché dans la cité. Un hélicoptère la survole pour tenter de retrouver les hommes armés. En vain. Des douilles sont retrouvées sur place, mais aucune victime n’est à déplorer. Le mystère est entier.

Deux hommes déférés devant le parquet

Placées en garde à vue, les deux nourrices interpellées dans un des appartements du bâtiment 5, à proximité de la très lucrative tour K réputée pour son trafic de cannabis, n’ont aucun lien avec la fusillade. La piste la plus sérieuse concerne alors la découverte d’une BMW faussement immatriculée, dans laquelle se trouvaient deux fusils à pompe, 400 cartouches de gros calibre et un gilet pare-balles.

Coup de théâtre dimanche dernier. Deux hommes d’une vingtaine d’années sont interpellés en Seine-Saint-Denis. Leurs traces ADN ont été retrouvées dans la BMW. Transférés à Marseille, ils vont être déférés jeudi devant le parquet nous indique une source proche du dossier confirmant une information de La Provence .

Déjà connus des services de police, ils pourraient être mis en examen pour "infraction sur la législation des stupéfiants, infraction sur la législation des armes en bande organisée, et association de malfaiteurs en vue de commettre une tentative d'homicide volontaire". Ce dernier chef d’accusation concernerait les tirs sur les forces de police, nous indique une source proche l’enquête.

Une "guerre de territoire"

Quid alors de la première fusillade entendue vers 9h30 ? "Ça reste flou, mais l’hypothèse d’une guerre de territoire est probable. C’est ce que nous essayons de déterminer car d’autres personnes sont activement recherchées", nous indique la même source. "Une guerre de territoire" qui aurait pu être déclenchée par une bande rivale venue de la cité voisine de la Bricarde, souffle une source policière.

A moins que le coup ne soit parti de l’intérieur même de la Castellane. Selon La Provence, six réseaux basés dans la cité de la Castellane se partagent le gâteau du trafic de drogue. "Il se pourrait bien qu’un petit essaye de 'bouffer' un gros", soulignait un enquêteur. Une stratégie pas très payante pour les malfaiteurs,

car depuis les événements du 9 février dernier, une patrouille de police est en permanence stationnée sur place. "Le trafic est complètement asséché en ce moment dans le quartier", nous confie une autre source policière.


 


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