Une équipe de football lesbienne victime d’insultes lesbophobes et sexistes dans le XXème arrondissement

Le service METRONEWS
Publié le 31 janvier 2015 à 9h49
 Une équipe de football lesbienne victime d’insultes lesbophobes et sexistes dans le XXème arrondissement

HOMOPHOBIE – Alors qu’elle venait s’entraîner mercredi soir sur un terrain du Stade Louis Lumière dans le XXème arrondissement, l’équipe de football lesbienne Les Dégommeuses, a été prise à partie par un autre entraineur devant des enfants. Des sanctions, comme l’exclusion des terrains de sport de l’entraîneur, sont envisagées par les élus parisiens.

"Je vais te faire bouffer mes couilles dans ta bouche". Mercredi 28 janvier, alors qu’elle venait s’entraîner sur un terrain du Stade Louis Lumière dans le XXème arrondissement de la capitale entre 19h30 et 21h, l’équipe de football lesbienne Les Dégommeuses, a été prise à partie par un entraineur d’une équipe de jeunes qui aurait proféré des insultes sexistes et lesbophobes.

Jugé agressif par Cécile Chartrain, une des joueuses de l’équipe jointe par le site Yagg.com, l’homme ne voulait pas céder le terrain. "Il s’est tourné vers les enfants en leur disant 'Applaudissez, applaudissez les lesbiennes'. On s’est retrouvé devant une vingtaine de gosses qui étaient là en train de taper des mains, en riant et en criant 'Ah ah ah les lesbiennes'" témoigne la joueuse.

L’entraineur nie en bloc

Dans un communiqué publié le 30 janvier , l’équipe, soutenue par l’association SOS homophobie a alors "exprim[é] son choc et sa tristesse face à la gravité des faits, (…) tout en soulignant que des actes similaires se déroulent trop régulièrement sur les terrains de sport sans faire l’objet d’un signalement". "En conséquence, Les Dégommeuses appellent les pouvoirs publics et l’ensemble des fédérations et instances sportives à renforcer urgemment les moyens engagés dans la lutte contre le sexisme et la lesbophobie (mais aussi la gayphobie, la biphobie, la transphobie et le racisme) dans le milieu sportif" est-il écrit.

En face, David Donadel, l’entraineur mis en cause, nie en bloc les propos tenus. "Il faut qu’elles arrêtent de croire qu’on les persécute, je sais que c’est à la mode, mais personne ne va les croire. On n’est pas plus sexistes qu’elles!" s’est-il défendu. Le président du club, lui, parle d’une "mésentente sur les horaires qui aurait provoqué l’accrochage".

Des sanctions administratives envisagées par la mairie

Indignée, la mairie de Paris a dénoncé dans un communiqué vendredi 30 janvier "une agression verbale lesbophobe et sexiste". Avant d’apporter son soutien. Contactée par Yagg, la maire du XXème, Frédérique Calandra, a également exprimé son indignation : "Ces faits sont très graves, il a tenu des propos lesbophobes devant des enfants en cherchant à tourner ces femmes en ridicule". Des suites juridiques et des sanctions administratives, pour éventuellement exclure l’entraineur des terrains municipaux,  sont envisagées sur la demande de la maire de Paris Anne Hidalgo.

"Ces propos, outre leur vulgarité et leur agressivité, sont strictement prohibés par la loi. Il est d'autant plus choquant de les entendre sortir de la bouche d'une personne à qui des parents ont confié leurs enfants afin qu'ils pratiquent une activité sportive", ont d’ailleurs jugé Jean-François Martins et Hélène Bidard, adjoints à la maire de Paris. Comme le relève le site d’info LGBT (lesbien, gay, bi et trans’), ce n’est pas la première fois que l’équipe est victime d’homophobie. Mercredi 4 février, un match amical de soutien est organisé par Les Dégommeuses pour lutter contre toutes les formes de discrimination.


Le service METRONEWS

Tout
TF1 Info