Une herbe folle plus forte que les pelles mécaniques ?

Le service METRONEWS
Publié le 2 octobre 2014 à 15h05
Une herbe folle plus forte que les pelles mécaniques ?

POLEMIQUE – D’importants chantiers sont bloqués dans les Alpes-Maritimes en raison de la présence de certains végétaux protégés, dénonce Eric Ciotti, président du conseil général. L’élu vient d’écrire à la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal pour l’interroger sur la pertinence de maintenir le classement d’une herbe : la phalaris aquatiqua

C’est l’histoire de David contre Goliath, version chlorophylle. De petits végétaux, à l’apparence frêle et innocente, font bien des misères aux pelles mécaniques et donnent le tournis aux administratifs à en croire Eric Ciotti, président du conseil général des Alpes-Maritimes.

L’élu UMP a dénoncé jeudi au cours d’une conférence de presse "l’absurdité" de certaines contraintes environnementales qui, selon lui, bloquent ou repoussent d’importants chantiers dans le département. Ce qui est plutôt ennuyeux en période de crise, estime-t-il : "Loin de moi l’idée de dire qu’il ne faut pas aller vers la protection de l’environnement mais il y a 120 millions d’euros de projets et d’investissements publics retardés rien que pour le conseil général. Il y a trop de normes et d’abus. Le système se tue lui-même."

L’herbe et les tulipes

Particulièrement visée : la phalaris aquatica , une sorte d’herbe qui fleurit en épi, que l’on retrouve en particulier dans la Plaine du Var. Selon Eric Ciotti, sa présence bloque par exemple le projet de centre de formation du Sdis sur un terrain du Bec de l’Estéron "où rien n’a abouti depuis trois ans", le relogement d’une entreprise en vue de réaliser la liaison intercommunale de la Siagne, des réparations sur les digues des rives du Var . Et même la construction du collège à Pégomas. "La phalaris aquatica est seulement protégée en Paca (NDLR : décision du gouvernement en 1994) et considérée comme nuisibles aux Etats-Unis. Un jour on aura une catastrophe parce qu’on aura retardé des travaux à cause d’elle", s’insurge-t-il.

Outre la phalaris aquatica, deux espèces de tulipes font également des leurs sur le tracé de la pénétrante Cannes-Grasse. Ce chantier a pris trois ans de retard liés aux procédures pour obtenir leur destruction détaille-t-on au conseil général. Une petite fleur bleue des Alpes, l’ancolie, ainsi qu'un changement de réglementation et des contraintes liées aux oiseaux, ont nécessité trois ans d’étude pour trois mois de travaux d’aménagement de la piste verte de la Colmiane.

Une lettre à Ségolène Royal

Dénonçant également la lourdeur d’un certain nombre de procédures environnementales, leur coût et le fait aussi que certains organismes se contredisent entre eux lors de l'instruction des dossiers, Eric Ciotti vient d’envoyer une lettre à la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal. Un courrier dans lequel il demande –implicitement- la tête (les feuilles et les racines) de la phalaris aquatica en s'interrogeant sur la pertinence de son classement en espèce protégée. "Une plante retrouvée sur de nombreux sites (…) et qui ne semble pas particulièrement menacée", écrit-il.
 


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