Xynthia : René Marratier, l'ex-maire de La Faute-sur-Mer condamné à quatre ans de prison

Le service METRONEWS
Publié le 12 décembre 2014 à 10h40
Xynthia : René Marratier, l'ex-maire de La Faute-sur-Mer condamné à quatre ans de prison

JUSTICE - Jugé pour la mort de 29 personnes lors du passage de Xynthia en 2010, l'ancien maire de La Faute-sur-Mer a été condamné ce vendredi à quatre ans de prison ferme.

Jamais un élu local poursuivi pour des faits similaires n’avait été sanctionné au-delà de dix mois de prison avec sursis. Le tribunal correctionnel des Sables d’Olonne a prononcé vendredi un jugement inédit dans les annales judiciaires françaises, en condamnant l'ex-maire de La Faute-sur-Mer (Vendée) à quatre ans de prison ferme pour ses responsabilités dans les 29 morts de la tempête Xynthia. "Nous sommes choqués et indignés par ce jugement politique, qui ne tient pas compte des fautes qui ont été commises par l’Etat dans ce dossier", a réagi Didier Seban, l’un des avocats de René Marratier. "Nous allons faire immédiatement appel de la décision, il n’y a pas débat une seconde sur cette question."

Le tribunal a également condamné son ancienne première adjointe à deux ans de prison ferme et 75.000 euros d'amende, et le fils de cette dernière - président de l'association propriétaire de la digue Est - à dix-huit mois de prison ferme. Il a en revanche relaxé le fonctionnaire Alain Jacobsoone, accusé de n'avoir pas transmis les consignes de sécurité du préfet au maire de La Faute-sur-Mer la nuit du drame, alors qu'il travaillait à l’époque à la direction départementale des territoires et de la mer de Vendée.

"Ça ne nous réjouit pas qu'il aille en prison"

Le tribunal correctionnel des Sables d’Olonne a également constaté l'extinction de l'action publique à l'encontre de Patrick Maslin, autre adjoint de René Marratier, décédé au cours du procès des suites d'un cancer. Il a toutefois prononcé une amende de 30.000 euros à l'encontre de l’une de ses deux entreprises du bâtiment, pour l'édification d'une maison de plain-pied en zone inondable. La seconde, pour sa part, a été relaxée.

"Ça ne nous réjouit pas qu’il aille en prison : ça nous changera pas notre vie… Par contre, ça risque de changer celle de René Marratier", réagit Daniel Beauget, un habitant de Landeronde (Vendée), qui a perdu ses parents dans la tragédie. Avec sa femme Françoise, ils sont toutefois satisfaits que le tribunal ait reconnu leur statut de "victimes". "Jusque-là, c’est à nous qu’on reprochait de s’être installés ici… Ce jugement montre que d’autres avaient des responsabilités."


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