Bouygues refuse l'offre de rachat de Bouygues Telecom par Altice (SFR-Numericable)

Le service METRONEWS
Publié le 23 juin 2015 à 20h58
Bouygues refuse l'offre de rachat de Bouygues Telecom par Altice (SFR-Numericable)

TÉLÉPHONIE - Le conseil d'administration de Bouygues a rejeté l'offre d'acquisition du groupe Altice, propriétaire de SFR-Numericable. De nombreuses incertitudes dans le dossier expliquent cette décision.

Merci, mais non merci. Visiblement, la surenchère du groupe Altice à 10 milliards d'euros n'a pas suffi à convaincre Bouygues de se séparer de sa filiale de téléphonie. A l'issue de la réunion du conseil d'administration du groupe industriel, convoqué ce mardi 23 juin à 18 heures, il a été décidé de ne pas donner suite à l'offre d'acquisition non sollicitée d'Altice (maison mère de SFR-Numericable). Patrick Drahi ne pourra donc pas compléter comme il le souhaitait son portefeuille d'opérateurs et renforcer son groupe sur le marché français.

Selon Les Echos , qui cite une "source proche du dossier", il n'y a eu aucune hésitation et c'est à l'unanimité que les administrateurs ont refusé la proposition d'Altice : "c’est un non catégorique". L'offre aurait manqué "de sérieux". Et cette même source d'ajouter : "L’acheteur manquant de fonds propres et finançant l’opération par de la dette, il n’était pas en mesure de garantir le deal". Le risque social est également entré en ligne de compte. Si Bouygues Telecom était tombé dans l'escarcelle d'Altice, le rapprochement avec SFR-Numericable aurait forcément entraîné des licenciements.

"Vous vendriez votre femme, vous ?"

Les mois passent et les offres de rachat ne cessent de monter (d'abord 7,5 milliards d'euros proposés par Orange et Iliad (Free) puis 9 milliards par Numericable en début d'année) mais Bouygues reste intransigeant. Son dirigeant, Martin Bouygues, a été limpide en février lundi lors de la présentation des résultats financiers du groupe, comparant sa filiale de téléphonie à une épouse : "Vous vendriez votre femme, vous ?".

Dans un communiqué publié à l'issue du conseil d'administration, on apprend que "Le conseil est convaincu que le marché des télécoms est à l'aube d'une nouvelle ère de croissance portée par le développement exponentiel des usages numériques. [...] Bouygues Telecom est particulièrement bien placé pour bénéficier de cette croissance sachant qu'il dispose d'un avantage concurrentiel fort et durable grâce à son portefeuille de fréquences et à son réseau 4G reconnu comme l'un des meilleurs du marché." L'objectif est de retrouver, à horizon 2017, une marge Ebitda de 25 %, soit un niveau similaire à 2011, juste avant le lancement de Free Mobile, qui a chamboulé le marché de la téléphonie mobile.

Un peu plus tôt en fin d'après-midi, une autre difficulté s'était dressée sur la route ambitieuse du président fondateur d'Altice, Patrick Drahi : le ministre de l'Economie. Emmanuel Macron, qui recevait l'entrepreneur à Bercy, a demandé une "évaluation claire" concernant le rachat de SFR par Numericable et souhaite connaître "les résultats et les conséquences du rachat de SFR sur l'emploi, au regard des engagements pris, sur l'investissement, sur la relation avec les fournisseurs ainsi que le service fourni au client", a indiqué une source à l'AFP.

EN SAVOIR +
>> 
SFR-Numericable, Bouygues Telecom et Free Mobile : nouveau jeu de chaises musicales dans la téléphonie
>> 
4G : SFR et Free Mobile toujours distancés par Orange et Bouygues Telecom
>> 
SFR, Bouygues, Orange, Free... quels sont les plus critiqués par les clients


Le service METRONEWS

Tout
TF1 Info