Le projet de loi sur la souveraineté agricole est examiné depuis ce mardi par les députés.
Il contient de nombreuses mesures destinées notamment à faciliter la formation et la transmission des exploitations.
Pour les accompagner dans les tâches répétitives de leur métier, cultivateurs et éleveurs peuvent également compter sur les progrès techniques.

Il y a la cotte, les gants bien sûr, mais pour Emmanuelle Gravier, éleveuse de vaches à Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais), la tenue n'est complète qu'une fois son exosquelette enfilé. "Et voilà, c'est prêt, on y va !", lance-t-elle dans le reportage ci-dessus. Elle rejoint ses vaches pour la traite avec son étrange outil sur le dos. "Je me suis dit : 'ça va être Robocop à la traite'. Mon mouvement est accompagné et c'est plus moi qui porte l'ensemble", explique-t-elle. Un soutien mécanique qui lui permet d'aborder plus sereinement son métier. Car la traite, ce sont des gestes répétitifs : laver, traire, essuyer, recommencer. Et cela fait vingt-huit ans qu'elle répète ces gestes deux fois par jour. "Ça soulage vraiment. De toute façon, aujourd'hui, je suis plus capable de faire une traite sans avoir l'exosquelette", assure-t-elle. 

C'est comme si c'était une couche de muscle supplémentaire qu'on se rajoute sur le dos.
Béatrice Dalzovo, cheffe d'entreprise chez HBR Innovation

Une aide devenue indispensable. Il y a quatre ans, Emmanuelle a développé une tendinopathie, aussi appelée la maladie du trayeur. "Les symptômes, c'est que t'as des douleurs aux épaules tout le temps et qui descendent même. Tout est compliqué. T'as l'impression que t'es vraiment fermé en fait dans ton corps parce que c'est vraiment douloureux", affirme-t-elle. Avec son mari Jacques, ils ont bien cru qu'ils devraient tout abandonner, l'exploitation et leurs vaches. "Jacques était assez pessimiste. Quand il voyait comment j'étais réduite, il me dit : 'mais c'est fini, je crois que t'arriveras plus à traire'. Là, j'arrive de nouveau à traire toute seule", admet Emmanuelle.

L'investissement est coûteux : 4000 euros, dont la moitié est prise en charge par sa mutuelle. Pour supporter ces métiers physiques, de plus en plus d'agriculteurs s'équipent d'exosquelettes, dans les salles de traite, mais aussi dans les vignes où il faut sans cesse se pencher. Et peut-être bientôt dans les élevages d'huîtres. Laurent Chaboussie, ostréiculteur au lycée de la mer et du littoral à Bourcefranc-le-Chapus (Charente-Maritime) a décidé de s'équiper. "C'est comme si c'était une couche de muscle supplémentaire qu'on se rajoute sur le dos", détaille Béatrice Dalzovo, cheffe d'entreprise chez HBR Innovation qui propose différents modèles en fonction des besoins. Aujourd'hui, elle vient d'en faire essayer un nouveau à Laurent. "Et quand il va se pencher, l'élastique se tend et c'est l'énergie captée par l'élastique qui va nous aider à remonter", explique-t-elle. 

"On sent tout de suite l'effet élastique, comme si quelqu'un nous retenait effectivement", se réjouit l'ostréiculteur. "Entre mes premiers clients qui se demandaient ce que c'était et aujourd'hui où on ne me demande plus trop la définition d'un exosquelette, il y a quand même une très belle évolution", se félicite, de son côté, Béatrice. Place maintenant aux tests pour vérifier son efficacité en conditions réelles. Dans ce cas-là, il a fallu trouver un modèle résistant à l'eau salée, sans moteur et sans métal.

"Là, je n'ai aucune gêne", lâche Laurent. Le résultat est donc concluant.

Et pour cet ostréiculteur, l'avantage n'est pas seulement personnel, car c'est toute une filière qui pourrait en bénéficier. "On a du mal à recruter dans ces types de métier. Si on amène des nouvelles technologies et des nouveaux matériels comme celui-ci, je pense qu'il peut y avoir un regain d'attrait", conclut-il. De quoi peut-être convaincre les nouvelles générations de se lancer dans ces filières agricoles.


V. F | Reportage TF1 : Léa Kebdani, Maud Gatineau et Clément Biet

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