Victime d'informations erronées, un député porte plainte contre ChatGPT

par Theodore AZOUZE avec AFP
Publié le 12 avril 2023 à 16h25, mis à jour le 12 avril 2023 à 17h21

Source : JT 20h WE

Le député Renaissance Eric Bothorel a annoncé déposer plainte devant la Cnil contre ChatGPT.
Lorsqu'il a tapé son nom dans le programme d'intelligence artificielle, celui-ci a donné de mauvaises informations sur l'homme politique.

"Et le mythe de ChatGPT s'effondra..." Dans un tweet publié mardi 11 avril, le député Renaissance Eric Bothorel ne cache pas sa colère. Lorsqu'il a tapé son nom dans le moteur de recherche de ChatGPT, une courte biographie de lui s'est alors affichée sur l'écran. Problème : celle-ci contient de multiples erreurs. Date de naissance erronée, fausses informations sur son parcours professionnel, mauvaise localisation de la circonscription où il est élu... Tous ces éléments incorrects donnés par le robot conversationnel, qui fonctionne grâce à une technologie d'intelligence artificielle (IA), ont poussé le député à déposer plainte devant la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) contre ChatGPT.

Le motif invoqué par Eric Bothorel pour justifier sa démarche ? La possible violation du RGPD, le règlement européen sur la protection des données. Entré en application depuis 2018, le texte impose notamment que les données personnelles doivent être "exactes" et "tenues à jour". Or, comme l'explique le parlementaire à BFMTV, de nombreuses informations relayées par ChatGPT sont totalement fausses. "La circonscription n’est pas la bonne. Je n’ai jamais été maire de la moindre commune. Je n’ai jamais été conseiller régional. Je n’ai jamais travaillé chez Havas ou chez Orange", comme l'indiquait pourtant le logiciel.

Deux autres plaintes déjà déposées en France contre ChatGPT

Apparu en novembre, ChatGPT est depuis perçu comme une révolution technologique par les uns, ou comme un danger par les autres. Il a rapidement impressionné par sa capacité à tenir des échanges cohérents et à répondre à des questions complexes. Mais son concepteur l'admet lui-même : sur certains sujets, le robot apporte parfois de mauvaises informations. La nouvelle version du logiciel, ChatGPT4, lancée le 14 mars dernier, créerait de fausses informations "plus fréquemment et de manière plus convaincante que son prédécesseur", selon une étude de Newsguard, une start-up américaine luttant contre les fake news.

La démarche d'Eric Bothorel n'est pas tout à fait inédite. Comme révélé par le site L'Informé, en France, deux autres plaintes ont déjà été déposées contre ChatGPT et Open AI, la société qui développe l'outil. L'avocate Zoé Vilain et le développeur informatique David Libeau ont tous deux également saisi la Cnil il y a quelques semaines pour contester le manque de transparence de l'entreprise, par ailleurs financée en grande partie par le géant du Web Microsoft, sur ses méthodes de collecte et de traitement des données personnelles. 

L'informaticien s'est lui aussi inquiété de la désinformation que pouvait produire ChatGPT, après avoir demandé au logiciel des précisions sur son profil personnel. "Lorsque je demandais plus d'informations, l'algorithme a commencé à affabuler et à m'attribuer la création de sites web ou l'organisation de manifestations en ligne, ce qui est totalement faux", explique le spécialiste. 

Le 31 mars, l'Italie a été le premier pays européen à suspendre provisoirement ChatGPT. Les autorités du pays reprochaient notamment au robot conversationnel "l'absence d'une base juridique justifiant le recueil et la conservation en masse des données personnelles", tout comme le manque d'une note d'information pour les utilisateurs sur la collecte de leurs données. 


Theodore AZOUZE avec AFP

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