Une console de jeux vidéo 100% russe ? Poutine prêt à tout pour concurrencer Sony, Microsoft et Nintendo

Publié le 3 avril 2024 à 16h36, mis à jour le 3 avril 2024 à 16h54

Source : Sujet TF1 Info

Confronté aux restrictions occidentales, qui l'empêchent d'importer des consoles de jeux vidéo, Vladimir Poutine souhaite créer une machine russe.
Il a ordonné d'évaluer les besoins nécessaires pour connaître la faisabilité de ce projet 100% national, voué à concurrencer la PS5, la Xbox ou la Switch.
Faute d'expertises dans le domaine, cette ambition pourrait prendre "jusqu'à dix ans" pour voir le jour.

On ne savait pas Vladimir Poutine fan de jeux vidéo, surtout quand on connaît son aversion pour la technologie et internet en particulier. Alors que Sony, Microsoft et Nintendo, en autres, n'écoulent plus leurs consoles fixes et portables sur le territoire russe, décision prise dans le cadre des sanctions économiques et commerciales internationales visant Moscou en réaction à l'invasion de l'Ukraine, le maître du Kremlin envisage de faire un pied de nez aux grands acteurs du gaming, en sortant une console "100% made in Russia". 

Comme le relate le site internet de la présidence russe, Vladimir Poutine a demandé en personne "d'examiner la question de l'organisation de la production de consoles de jeux fixes et portables, ainsi que la création d'un système d'exploitation et d'un système cloud pour la fourniture de jeux et de programmes aux utilisateurs" russes. 

Une commercialisation d'ici à 2027 ?

Cette initiative de produire une console nationale a pour but de développer l'industrie locale du jeu, a expliqué le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Avec un triple objectif : équiper les Russes d'une machine pour jouer aux jeux vidéo, sans avoir à recourir aux consoles (PlayStation 5, Switch, Xbox Series X/S) des géants du secteur, et atténuer l'impact des sanctions sur la population, privée d'accès légal à ce divertissement culturel, et relancer le marché vidéoludique russe, qui pesait environ 3 milliards d'euros en 2021.

Ce projet est placé sous la supervision du Premier ministre, Mikhaïl Michoustine, tandis que l'entreprise VK, derrière le "Facebook russe", domaine éloigné de l'univers du jeu vidéo, est chargé de la mise en œuvre, avec le groupe GS qui assurera la production sous contrat des appareils. Une première feuille de route est attendue pour le 15 juin 2024. Selon l'Organisation pour le développement de l'industrie du jeu vidéo (RVI), citée par le site d'actualité étatique russe RT, la sortie de ladite console est programmée pour 2026-2027. 

Un délai de production intenable ?

Un délai qui interroge sur la faisabilité d'un tel dessein. Selon le quotidien économique russe Kommersant, qui a interrogé les acteurs du marché, "il n'existe aucune compétence pour produire leurs propres consoles PlayStation et Xbox." Selon eux, "la création d'un tel système à partir de zéro prendra jusqu'à dix ans", repoussant la commercialisation éventuelle d'une machine 100% russe au-delà de l'horizon 2030.

Une échéance à la louche puisqu'elle ne comprend pas les difficultés que pourraient rencontrer les développeurs russes à s'approvisionner en puces et autres composants électroniques, du fait des embargos frappant le pays où est né au siècle passé "Tetris", le célèbre jeu vidéo de brique.

On a vu ce que cela pouvait donner avec le premier PC portable "fabriqué en Russie", conçu par la firme Bitblaze. À moins de solliciter un partenaire chinois pour obtenir des pièces, à l'instar de ce qui a été fait pour assembler des Citroën C5… en toute illégalité. Mais, là non plus, rien n'est gagné puisqu'il faudrait convaincre des studios, locaux en raison des sanctions en vigueur, de se lancer dans l'aventure, afin d'alimenter en contenus la console nationale.


Yohan ROBLIN

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