Une étude de BCG menée dans une vingtaine de pays conclut que les Français sont les plus pessimistes concernant l'IA générative.
Le futur de l’emploi et la sécurité de leurs données personnelles sont les craintes principales des habitants de l’Hexagone.

Les Français se montrent les plus pessimistes à propos de la démocratisation de l'intelligence artificielle (IA) générative, selon une étude internationale du Boston Consulting Group (BCG), ce 24 avril. 

L’étude de BCG a sondé 21.000 personnes à travers 21 pays sur leur utilisation et leur opinion vis-à-vis de l'intelligence artificielle générative. Celle-ci permet de produire sur une simple requête en langage courant textes, images et autres contenus, comme avec ChatGPT, Midjourney ou Gemini. 

Les Français sont inquiets économiquement, ils ne se sentent pas dans un système porteur et ont donc peur pour l'emploi.
Jessica Apotheker

Alors que les employés interrogés par l'étude sont en moyenne 70% à se déclarer enthousiastes quant à l'idée d'intégrer de l'IA générative au travail, ce chiffre tombe à 58% en France. Près de 31% des Français se disent même préoccupés par cet usage dans leur vie professionnelle, ce qui en fait le pays le plus pessimiste sur le sujet, devant la Corée du Sud. 

"Les Français sont inquiets économiquement, ils ne se sentent pas dans un système porteur et ont donc peur pour l'emploi", commente auprès de l'AFP, Jessica Apotheker, directrice associée au BCG. "La France est pourtant l'un des pays les mieux placés pour l'IA avec son vivier de talents et son énergie nucléaire", l'IA étant très gourmande en énergie pour fonctionner, note poursuit-elle. 

Une méfiance qui dépasse le cadre du travail

L’étude de BCG révèle que l'inquiétude dans le pays est encore plus grande lorsqu'il s'agit d'utiliser l'IA générative dans la vie courante. Les consommateurs français sont 50% à se dire inquiets, c’est nettement plus que la moyenne des sondés dans le monde (29%).

Les appréhensions portent notamment sur la sécurité des données personnelles (33%), l'incertitude associée à cette technologie et son impact sur l'emploi (11%) et son effet sur l'environnement (10%).

L'existence d'organismes comme la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés), sensibilisant les consommateurs français sur l'usage des données, peut expliquer leurs réticences et leur méfiance envers les grandes entreprises technologiques comme Google, selon Jessica Apotheker. 


Axel JUIN

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