"Pas sûr" de pouvoir racheter Twitter, Elon Musk a un mystérieux plan B

Thomas Guichard avec l'AFP
Publié le 15 avril 2022 à 6h33
JT Perso

Source : JT 20h WE

Le patron de Tesla a lancé une offre de rachat pour acquérir la totalité de Twitter.
Une opération qu'il imagine "douloureuse" financièrement.
Mais le milliardaire assure avoir un plan B en cas d'échec.

À Wall Street, l'action de Twitter s'est envolée après l'annonce. La tentative d'Elon Musk, déjà principal actionnaire de Twitter avec un peu plus de 9% de son capital, de s'emparer de l'intégralité du réseau social pour en faire "la plateforme de la liberté d'expression dans le monde" fait jaser. Et pourtant, le milliardaire a avoué ce jeudi qu'il n'était "pas sûr" de réussir à mener son opération à bout.

"Je pense que ça va être assez douloureux", a admis le patron de Tesla, interviewé lors de la conférence Ted2022. Il a proposé d'acheter la plateforme pour 54,20 dollars par action, en numéraire, précisant que c'était "sa meilleure offre et son offre finale", dans une lettre transmise mercredi au gendarme boursier américain, la SEC. Ce prix valoriserait Twitter à 43,4 milliards de dollars, contre environ 36 milliards à l'heure actuelle. Le conseil d'administration du groupe californien a répondu "examiner avec attention" cette offre.

Une certaine vision de la liberté d'expression

Très actif sur Twitter où il compte près de 82 millions d'abonnés, le patron de Tesla a fait une entrée remarquée au capital de l'entreprise en début de semaine dernière en acquérant 73,5 millions d'actions ordinaires de la société. Il s'était vu offrir un siège au CA mais l'a finalement refusé dimanche, après une série de suggestions pour modifier la plateforme, comme l'ajout d'un bouton "éditer" ou encore le retrait des publicités, principale source de revenus de Twitter. "Depuis que j'ai réalisé mon investissement, je me suis rendu compte que l'entreprise ne prospérerait pas et ne servirait pas, sous sa forme actuelle, son impératif sociétal" d'une démocratie fonctionnelle, argumente Elon Musk dans sa lettre officielle de rachat.

Sa priorité, a-t-il précisé jeudi, serait d'éliminer les spams et arnaques. Mais surtout, il veut rendre la modération des contenus plus transparente, pour que les tweets ne soient plus "mystérieusement promus ou rétrogradés". Adepte des polémiques, provocations et blagues douteuses, il prône une vision plus large de la liberté d'expression. "En cas de doute, laissons le tweet exister", a-t-il affirmé, avant de reconnaître qu'il n'avait "pas toutes les solutions". De nombreuses ONG et personnalités politiques considèrent au contraire que Twitter laisse passer trop de désinformation et des propos haineux.

Rallier les actionnaires

Pressé sur la question du financement lors de la conférence, Elon Musk a répété avoir les "fonds suffisants" et un mystérieux plan B si le Conseil d'administration de Twitter refuse son offre, sans donner plus de détails. Toutefois, il espère encore rallier à son projet le plus d'actionnaires existants possibles. L'un d'entre eux a déjà réagi : le prince saoudien et investisseur Al-Walid ben Talal a déclaré sur Twitter qu'il "rejetait" une offre trop faible par rapport à la "valeur intrinsèque de Twitter".

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Mais l'influence et la pression exercées par le milliardaire ne laissent pas beaucoup d'options aux dirigeants de Twitter, estiment pour leur part les analystes de Wedbush Securities. "Nous pensons que ce feuilleton à rebondissements se terminera par l'acquisition de Twitter par M. Musk après cette OPA hostile", prédisent-ils dans une note. "C'est le moment de sortir le pop-corn", ont-ils ajouté, "car on peut s'attendre à de nombreux rebondissements dans les semaines à venir en vue du mariage entre Twitter et Musk".


Thomas Guichard avec l'AFP

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