"D'une naïveté confondante" : Emmanuel Macron fustige le réseau social TikTok

M.L (avec AFP)
Publié le 8 décembre 2022 à 23h51
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Source : Sept à huit life

Le chef de l'État n'a pas mâché ses mots ce jeudi à l'égard de la plateforme chinoise, qu'il accuse de créer "une vraie addiction" chez les jeunes grâce à un algorithme très bien rôdé.
Il a aussi estimé que le réseau social était censuré par les autorités de Pékin et hébergeait de la "propagande russe cachée".

Des contenus "hyper bien foutus", une façade lisse derrière laquelle se cache une "vraie addiction" : Emmanuel Macron a jugé jeudi le réseau chinois TikTok, très plébiscité par les adolescents, d'une "naïveté confondante". Une plateforme très régulée politiquement par Pékin et sur laquelle circule également de la "propagande russe cachée", a-t-il également critiqué.

"Le premier perturbateur (psychologique), le réseau le plus efficace chez les enfants et les adolescents, c'est TikTok", a lancé le chef de l'État lors d'un échange avec des professionnels de la santé mentale des jeunes, à l'occasion d'un déplacement dans la Vienne. "Ce réseau est d'une naïveté confondante. Ils ont 10.000 types très bien formés qui poussent des contenus. Il sait très bien ce que vous aimez, (...) pousse des choses hyper bien foutues qui sont beaucoup plus innovantes que les Américains", a-t-il estimé lors de ce déplacement à Fontaine-le-Comte, près de Poitiers. "Derrière, il y a une vraie addiction" des jeunes, a-t-il déploré.

Le travail forcé des Ouïghours passé sous silence ?

Sur TikTok, "je vous défie de trouver un contenu sur ce qu'il se passe au Xinjiang ou autre", a aussi lancé le chef de l'État, en référence à la répression et au travail forcé des Ouïghours dans cette province du nord-est de la Chine. "C'est là où vous avez de la propagande russe cachée", a-t-il également ajouté, sans plus de précisions. Le chef de l'État détient lui-même un compte TikTok, suivi par 3,2 millions d'abonnés. Il y a publié plusieurs dizaines de vidéos sur ce réseau, abordant la lutte contre le harcèlement scolaire, la sensibilisation à l'autisme ou encore des sujets de santé, atteignant parfois des millions de vues et cumulant au total plus de 23 millions de "J'aime". 

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La semaine passée, l'Arcom avait appelé TikTok à faire davantage d'efforts pour accroître la transparence sur la plateforme, en vue de lutter contre la désinformation. Selon le régulateur de l'audiovisuel, l'entreprise omet "plusieurs enjeux centraux", au rang desquels "étapes de l'instruction d'un signalement, fonctionnement des outils de modération, pratiques de manipulation identifiées sur le service, etc". Les règles européennes seront bientôt plus sévères à l'égard des grandes plateformes : une loi européenne, qui sera appliquée vers l'été 2023, autorisera la Commission européenne à leur infliger des amendes allant jusqu'à 6% de leur chiffre d'affaires mondial, voire une interdiction d'opérer dans l'UE en cas d'infractions graves répétées.

Emmanuel Macron a tenu ces déclarations lors d'une visite à bord d'un bus allant à la rencontre des jeunes à travers le département de la Vienne, un déplacement s'inscrivant dans le cadre d'une session territoriale du Conseil national de la refondation (CNR) sur la santé. 

Ce nouvel organe, initié par le président, a l'ambition de réformer la France via la concertation avec des élus, professionnels, syndicats et associations, malgré le boycott des oppositions. Accompagné du ministre de la Santé François Braun et du secrétaire général du CNR François Bayrou, le chef de l'État a de nouveau vanté les mérites des idées issues de ces échanges, et donc venues d'en bas, plutôt que dictées par des "circulaires".


M.L (avec AFP)

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