Le réseau social a rétabli les comptes des journalistes américains suspendus.
Leur bannissement avait provoqué un tollé, aux États-Unis, mais aussi en Europe.
De nombreux observateurs ont accusé Elon Musk d'être une menace pour la démocratie.

Le nouveau patron de Twitter, Elon Musk, a annoncé dans la nuit de vendredi à samedi 17 décembre le rétablissement des comptes de journalistes qu'il avait suspendu quelques jours plus tôt sur le réseau social. "Les gens ont parlé. Les comptes qui avaient publié ma localisation vont voir leur suspension levée", a tweeté l’homme d’affaires. Un peu plus tôt dans la journée, l'Union européenne avait menacé l'entrepreneur de sanctions, tandis que l’Organisation des Nations unies (Onu) avait dénoncé "un dangereux précédent".

Messages contradictoires

Alors que la polémique enflait, Elon Musk avait lancé vendredi un sondage sur le réseau social pour demander aux utilisateurs s'il devait restaurer les comptes suspendus dans l'immédiat ou dans une semaine. 59% (des 3,69 millions d'internautes ayant pris part au sondage) ont répondu qu'il devait les rétablir immédiatement. C'était chose faite samedi matin, les comptes des journalistes américains étant de nouveau accessibles sur Twitter. Parmi eux, figurent notamment ceux des employés de plusieurs grands médias, comme CNN (Donie O'Sullivan), le New York Times (Ryan Mac) ou encore le Washington Post (Drew Harwell). 

"J'ai dans un premier temps été pas mal écœuré d'avoir été suspendu, mais j'ai rapidement réalisé que ça irait parce que j'ai la chance d'avoir une fantastique communauté en ligne", a réagi, dans la foulée, l'ancien journaliste de Vox, Aaron Rupar, en remerciant les gens pour leur soutien. La controverse avait débuté mercredi 14 décembre lorsque Elon Musk avait annoncé suspendre @elonjet, un compte qui rapportait automatiquement les trajets de son jet privé. Des journalistes américains avaient ensuite commenté cette décision.

En représailles, le milliardaire avait ordonné de suspendre le compte de certains d'entre eux, en affirmant qu'ils mettaient en danger sa sécurité et celle de sa famille. Dans un précédent tweet, il avait justifié sa décision en déclarant qu'un véhicule avec un de ses enfants à bord avait été suivi à Los Angeles par "un harceleur fou", faisant un lien de causalité avec le positionnement en temps réel de son jet.

Depuis son rachat de la plateforme pour 44 milliards d'euros, le milliardaire a envoyé des messages contradictoires sur ce qui y est autorisé ou non. Fervent défenseur d'une grande liberté d'expression - tant que les propos respectent la loi - il a rétabli des comptes auparavant bannis par le réseau social, dont celui de Donald Trump. Mais il a aussi suspendu celui du rapeur américain Kanye West après la publication de plusieurs messages jugés antisémites et refusé le retour sur la plateforme du complotiste d'extrême-droite, Alex Jones. 


La rédaction de TF1info

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