L'Union européenne va interdire la construction de nouvelles voitures thermiques dès 2035.
L'Allemagne a cependant obtenu une dérogation pour les véhicules fonctionnant avec des carburants de synthèse.
Le 20H de TF1 vous fait découvrir cette innovation.

L'Union européenne a mis fin ce lundi à trois semaines de psychodrame lié au blocage allemand et a validé la fin des moteurs thermiques dans les voitures neuves à partir de 2035, mesure centrale du plan climat des 27. Le texte contraindra les automobiles neuves à ne plus émettre aucun CO2, interdisant de fait les véhicules essence, diesel, et hybrides, au profit du 

tout électrique. 

Berlin avait stupéfié ses partenaires début mars en bloquant le règlement alors qu'il avait déjà été approuvé mi-février par les eurodéputés réunis en plénière, après un feu vert des États membres, dont l'Allemagne. Pour justifier cette volte-face rarissime, les Allemands avaient réclamé de la Commission qu'elle présente une proposition ouvrant la voie aux véhicules fonctionnant aux carburants de synthèse. Celle-ci sera finalement actée dans un texte distinct en 2024, mais pourrait permettre à un certain nombre de constructeurs de produire des véhicules à moteur thermique au-delà de l'échéance de 2035.

Une (autre) solution pour remplacer les véhicules thermiques ? Encore peu connus du grand public, les carburants de synthèse offrent une alternative aux produits fossiles classiques. Développés depuis plusieurs années, ces combustibles du futur sont désormais au centre des négociations au sein de l'Union Européenne. Le reportage du 20h TF1 en tête de cet article permet de mieux comprendre cette technologie.

Dans son plan Climat, l'UE avait interdit la construction de nouvelles voitures thermiques à partir de 2035. Une solution durable pour l'environnement, mais à l'impact immédiat sur des centaines de milliers d'emplois dans l'industrie automobile. L'Allemagne a obtenu un accord pour continuer la fabrication de voitures thermiques au-delà de l'échéance. Elles pourront être immatriculées et mises en circulation, à la condition d'utiliser un carburant neutre en terme d'émissions de CO2.

Une des solutions pourrait être le carburant de synthèse, conçu en laboratoire. Ce type de combustible peut même être créé à partir des rejets polluants actuels. Pour le fabriquer, des éléments issus de la pollution sont d'abord prélevés dans l'air, puis transformés grâce à une énergie verte, comme celle issue de l'éolien. Cette matière devient alors de l'essence synthétique.

Un carburant compatible avec les moteurs actuels

L'avantage immédiat de ce type de carburant est d'être compatible avec nos moteurs thermiques actuels. Certaines grandes marques automobiles investissent déjà pour le produire elles-mêmes. Leur objectif est d'alimenter tous les véhicules de la marque d'ici à cinq ans. Ce carburant de synthèse "est déjà utilisable tel quel. Ensuite, c'est une question de quantité. L'avantage est qu'il peut utiliser l'ensemble des circuits existants de distribution, de transports, etc. Donc en théorie cela peut aller très vite", nous explique Marc Meurer, président de Porsche France.

En Europe, des sites de production de carburant de synthèse seront opérationnels d'ici à deux ans. Certains pays s'y sont mis, il y a longtemps, comme l'Islande. Depuis dix ans, le pays fabrique ce type de combustible grâce à l'énergie verte produite par ses volcans. 

À l'avenir, ce carburant de synthèse aura d'abord une utilité pour les transports maritimes ou de marchandises, les plus gourmands en énergie. Ces secteurs manquent encore aujourd'hui de solutions viables pour se passer des moteurs thermiques.  Mais malgré les possibilités de ce carburant de synthèse, plusieurs ONG alertent les consommateurs : cette essence de synthèse pourrait retarder la fin des véhicules thermiques et l'avènement de technologies alternatives.

Les véhicules équipés d'un moteur à combustion pourront être immatriculés après 2035 s'ils utilisent exclusivement des carburants neutres en termes d'émissions de CO2, s'est réjoui le ministre allemand des Transports Volker Wissing, après l'accord atteint par les 27 ce lundi, sur la fin des moteurs thermiques en 2035. 

De l'avis de nombreux experts, la technologie des carburants de synthèse a pourtant peu de chances de s'imposer sur le marché et ne concernerait dans le meilleur des cas qu'une minorité de véhicules de luxe. Elle est également contestée par les ONG environnementales qui la jugent coûteuse, énergivore et polluante. 


L. | Reportage : Guillaume Bertrand, Charif Souari

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