REPORTAGE - 10 jours après une cyberattaque, cette maternité reste affectée

par La rédaction de TF1info | Reportage N. Ly, B.
Publié le 21 octobre 2022 à 10h21

Source : JT 20h Semaine

L'hôpital Pierre Rouquès-Les Bluets, à Paris, a été victime d’une cyberattaque, dimanche 9 octobre.
Les pirates ont prélevé des données, qu'ils menacent de divulguer si une rançon ne leur est pas versée.
10 jours après cette cyberattaque, le 20H de TF1 s'est rendu sur place.

L’attaque informatique était intervenue en pleine nuit, dimanche 9 octobre, et les équipes de la maternité de l'hôpital Pierre Rouquès-Les Bluets, dans le 12e arrondissement de Paris, avaient alors dû réagir en urgence. Les conséquences du piratage étaient alors bien réelles : sur un écran, visible dans le reportage de TF1 en tête de cet article, les électrocardiogrammes des fœtus s'étaient éteints brutalement. 

"Le logiciel qui était lié à cet écran ne fonctionnait plus. C'était un danger vraiment important pour la maternité et pour toutes les femmes qui étaient en travail ce soir-là", indique Sam Ouanounou, qui travaille au sein de l'établissement de santé. Et d'ajouter : "On a donc été obligés d'aller dans les salles de naissance de chaque patiente pour vérifier que leur bébé se portait bien pendant le travail". Cette nuit-là, deux futures mamans ont dû être transférées vers d’autres maternités. 

On a dû recréer toutes nos ordonnances
Céline Gazon

Dix jours plus tard, l’hôpital vit encore au ralenti, comme le montrent les images captées par nos journalistes. Sur les huit salles d'accouchement, quatre ont même été fermées pendant quatre jours. Les délais d’attente restent aussi plus longs, et le personnel doit recourir à d'anciennes méthodes. "On a dû recréer toutes nos ordonnances, toutes les feuilles de surveillance pour les nouveaux-nés. Pour les patientes, ça ne change rien au quotidien, les soins sont toujours assurés de la même façon", détaille Céline Gazon, cadre infirmière à l'hôpital Pierre Rouquès-Les Bluets.

Tous les logiciels et les serveurs ont été visés. Il est donc impossible d’accéder aux fichiers de patients codés par les pirates informatiques. Le directeur confie qu’une partie des données est hébergée sur un site extérieur, elles sont donc protégées. Malgré les menaces, il ne cède pas au chantage. "Ils nous demandaient 900.000 euros pour nous redonner les données ou nous décrypter l'ensemble des éléments qu'ils ont en leur possession", révèle Brice Martin, directeur de l'établissement, qui ajoute n'avoir "absolument pas payé" la somme réclamée. "Mais là on est partis pour quelques semaines de tout-papier".

Les informations de 200.000 personnes sont actuellement entre les mains des hackers. L’hôpital prévient les patients que des mails et des SMS frauduleux peuvent circuler, mais il ne faut surtout pas y répondre.


La rédaction de TF1info | Reportage N. Ly, B.

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