VIDÉO - Futur avion de combat européen : en quoi s'annonce-t-il révolutionnaire ?

V. F | Reportage vidéo Olivier Santicchi et Jean-Yves Chamblay
Publié le 21 novembre 2022 à 18h01

Source : JT 20h WE

L'avion de combat européen, voulu par la France, l'Allemagne et l'Espagne, vient de franchir une nouvelle étape.
Les industriels Dassault et Airbus ont trouvé un accord financier pour démarrer la fabrication d'un pré-prototype.
TF1 se penche sur ses nombreux atouts.

Il n'a pas encore de nom, mais au-delà de 2040, le Système de combat aérien futur (SCAF) doit remplacer les avions de combat Rafale français et Eurofighter allemands et espagnols. L'ampleur du projet est telle qu'il doit se concevoir au niveau européen, le mener à l'échelle nationale n'étant pas envisageable. Dans le futur, il devra évoluer en collaboration avec les avions actuels. Et c'est bien là l'un des atouts de ce chasseur bombardier furtif, connecté virtuellement à n'importe quel engin militaire : frégate, drone et satellite, pour combattre en réseau.

"Il sera aussi aidé par l'Intelligence artificielle ou de l'intelligence au sol dans d'autres centres de commandement. Par exemple, si une batterie au sol le menace, il pourra très bien affecter la destruction de cette batterie à l'un de ses drones et lui, être à l'abri et s'occuper d'autre chose", explique dans la vidéo du 20H en tête de cet article Iza Bazin, consultante aéronautique. Les drones d'accompagnement, possiblement des dizaines, voire des centaines de petits engins, pourraient leurrer ou brouiller les radars adverses, tandis que le chasseur retardera le plus possible sa détection par l'ennemi grâce à un fuselage sans aspérité et un armement dissimulé dans des soutes. Il devrait d'ailleurs être 40% plus gros qu'un Rafale. 

De nombreux obstacles à franchir

Depuis une décennie, Dassault a déjà beaucoup appris avec un modèle de test sans pilote : le Neuron. Mais il faudra aller bien plus loin. "Il va aussi bien pouvoir faire des bombardements air-sol, mais également de la supériorité aérienne. Pourquoi pas des armes anti-satellites ? C'est un avion qui continuera encore à voler au XXIIᵉ siècle, et logiquement qui devra rester pertinent. On peut imaginer des armes à énergie dirigée, autrement dit des rayons lasers", détaille de son côté Xavier Tytelman, consultant aéronautique chez Air et Cosmos. 

Pour ce programme estimé entre 80 et 100 milliards d'euros, les obstacles à franchir sont considérables. Toutefois, après des mois de tiraillements entre Dassault et Airbus, une première étape a été validée ce vendredi 18 novembre. Le ministère allemand de la Défense a en effet annoncé la conclusion d'un accord entre industriels. "L'accord politique qui a été trouvé sur le SCAF est une étape fondamentale. Cela ne veut pas dire que nous sommes au bout du chemin, mais cela permet de confirmer que ce projet va se faire", a abondé ce lundi la ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, en marge d’un déplacement à Paris en compagnie de son homologue allemande.

Les contrats doivent encore être rédigés et signés, selon une source proche du dossier. Une fois les contrats paraphés et cette nouvelle phase lancée, les études doivent se tenir sur une période de 32 à 40 mois et aboutir à la définition du démonstrateur, sorte de pré-prototype destiné à prouver la fiabilité des technologies retenues. Celui-ci est censé être construit à partir de 2025 et voler deux ans plus tard. Pour cette "phase 2", les États ont prévu un budget de 5 milliards d'euros.


V. F | Reportage vidéo Olivier Santicchi et Jean-Yves Chamblay

Tout
TF1 Info