Impact positif

VIDÉO - Islande : cette usine dépollue l'air en emprisonnant le CO2 sous terre

Léa Tintillier | Reportage Elena Despatureaux, Noélie Clerc
Publié le 31 janvier 2022 à 17h29

Source : JT 20h WE

Une usine qui ne pollue pas, mais au contraire dépollue, fonctionne à plein régime en Islande.
Elle permet de capter le CO2 et de l’emprisonner dans le sol pour des millions d’années.
Le 20H de TF1 vous fait découvrir cette innovation porteuse d'espoir.

À cause de l’activité humaine, le dioxyde de carbone est l’ennemi numéro un de la lutte contre le réchauffement climatique. Une innovation, en Islande, cherche à le retirer de l’atmosphère. Au pied des volcans, à quelques kilomètres de la capitale Reykjavík, se trouve la plus grande usine au monde conçue pour capter le CO2 directement dans l’air. "Il y a huit conteneurs, l’un posé au-dessus de l’autre et chaque conteneur possède six compartiments avec à l’intérieur des filtres", explique Bryndis Nielsen, porte-parole de Climeworks, dans le reportage du 20H de TF1 ci-dessus. 

Le CO2 est piégé dans ces filtres. À l’arrière de l’usine, des turbines rejettent l’air purifié dans l’atmosphère. "Quand vous êtes de ce côté, à l’arrière des conteneurs, l’air que vous respirez est plus propre qu’avant l’époque de la révolution industrielle", affirme Bryndis Nielsen. Le CO2 emprisonné est, quant à lui, chauffé à 100 degrés Celsius puis mélangé à de l’eau. Le dioxyde de carbone est ensuite acheminé, via des tuyaux souterrains, trois kilomètres plus loin. 

Le CO2 emprisonné pour des millions d’années

Ces tuyaux amènent le CO2 filtré jusque dans des igloos dignes d’un film de science-fiction, pour le transformer en roche. Comment va-t-il être piégé sous terre ? Un ingénieur français qui travaille sur ce procédé unique au monde depuis dix ans nous explique. Chaque igloo abrite d’énormes turbines. Le CO2 filtré est à nouveau mélangé à de l’eau et propulsé entre 500 mètres et deux kilomètres sous terre. 

Au contact de la roche volcanique, une réaction chimique s’opère. Le CO2 est piégé dans le basalte. "Le dioxyde de carbone qui a été dissous va être injecté dans de la roche volcanique qui est très poreuse. Il y a beaucoup de trous. Tous les petits points blancs, c’est du dioxyde de carbone qui s’est transformé en roche. C’est emprisonné pour des millions d’années", montre Thomas Ratouis, dans le reportage de TF1. 

4000 tonnes de CO2 aspirées chaque année

Avec cette technique, l’usine peut aspirer 4000 tonnes de CO2 chaque année. Mais à l’échelle mondiale, il faudrait en capter un million de fois plus par an d’ici 2035 pour lutter contre le réchauffement climatique. Pour les scientifiques, c’est surtout une solution d’appoint. "Le captage direct dans l’air est encourageant. Il permet de compenser des émissions qu’on ne sait pas réduire par ailleurs, comme par exemple les émissions de l’agriculture ou celles du transport aérien", explique Florence Delprat-Jannaud, chercheuse à l’IFPEN. 

Mais ce modèle n’est pas reproductible partout. Capter le CO2 dans l’air consomme beaucoup d’énergie. En Islande, toutes les conditions sont réunies : un sol riche en basalte et en énergies renouvelables. "Ici, on a toute l’énergie nécessaire car on est juste à côté de la centrale géothermique, l’une des plus grandes du monde. On a de l’eau chaude, de l’eau froide, de l’électricité. Tous les ingrédients pour réussir", reprend Bryndis Nielsen. Résultat : le bilan carbone est négatif. Deux autres projets viennent d’être lancés en Norvège et au Moyen-Orient avec l’ambition de créer une usine dix fois plus grande d’ici 2030. 


Léa Tintillier | Reportage Elena Despatureaux, Noélie Clerc