VIDÉO - Quand les supermarchés se prennent au jeu de TikTok et de YouTube pour faire leur pub

M.L | Reportage TF1 Matthieu Poissonnet, Corinne Chevreton et Guillaume Vuitton
Publié le 6 novembre 2022 à 22h07, mis à jour le 6 novembre 2022 à 23h16

Source : JT 20h WE

Un nouveau métier fait son apparition dans les magasins : des influenceurs tentent d'attirer les clients en les faisant rire.
Parfois, ce sont les acheteurs eux-mêmes qui partagent leurs courses en vidéo sur les réseaux sociaux.
Des plateformes sur lesquelles les grandes surfaces misent de plus en plus.

"Plus authentique qu'un catalogue papier"

Si officiellement, il n'est pas question de publicité directe, cet Hyper U se crée tout de même une base de clients : son compte est désormais suivi par près de 11.000 abonnés, soit tout autant d'acheteurs potentiels. Tout le personnel joue donc le jeu, y compris Jean-Luc Sautonie, responsable des achats, qui exécute la mise en scène imaginée par les deux alternants, devant la caméra de leur smartphone. "Je tombe des nues parfois avec eux, il faut vraiment les suivre", s'amuse-t-il. Quelques jours plus tard, sa vidéo a été visionnée 265.000 fois sur la plateforme. 

Le supermarché de Boulazac n'est pas le seul à investir TikTok : à Saint-Etienne-du-Rouvray, en Seine-Maritime, les employés du centre E. Leclerc font danser les clients dans leurs vidéos, tandis que dans celui à Saint-Pierre-lès-Elbeufs, non loin de là, le personnel pousse les cagettes à livrer en rythme pour faire la publicité du drive. 

Eric Fourcade, directeur d'un supermarché E. Leclerc de Ribérac, en Dordogne, espère de même conquérir une nouvelle clientèle et prendre le relais des publicités papier grâce aux réseaux sociaux. "Quand on envoyait un prospectus dans la nature, on avait un retour chiffré. Aujourd'hui, par le net, on ne sait pas encore ce que ça donne. On espère pouvoir combler ce trou du papier", pointe-t-il. 

Pour ce faire, il a fait appel à un consultant en communication digitale pour la grande distribution. Grâce à ses conseils, moyennant 2000 euros par mois, Jonathan Le Borgne promet des milliers de nouveaux abonnés. "Sur Facebook, le but n'est pas de faire un catalogue de promos, mais on va plutôt démystifier l'image de la grande distribution", explique-t-il. En ligne, pour se démarquer, il faut se montrer créatif. "L'ambition, c'est de donner envie d'acheter en ayant un ton peut-être plus personnel, plus authentique qu'un catalogue papier", poursuit le spécialiste. Dans son package, il propose notamment une série de vidéos pour présenter le magasin, par exemple en filmant le pâtissier de l'enseigne en cuisine, en train de confectionner une bûche de Noël. 

Des publicités gratuites grâce aux clients YouTubeurs

Mais parfois, pour que l'on parle d'eux sur Internet, les géants de la grande distribution n'ont rien à faire : certains clients s'en chargent eux-mêmes, des influenceurs de supermarchés comme Razika, une créatrice de contenu du Val-de-Marne. Du bout de sa perche à téléphone, elle passe en revue tous les produits des grandes surfaces et leurs prix pour les abonnés de sa chaîne YouTube, "Mes secrets de Nana". Ce jour-là, elle arpente les rayons d'un centre Lidl, une sorte de prospectus quasiment en direct sur la plateforme. "Au début, je ne partageais que pour mes copines, et puis ça a vite pris de l'ampleur. J'ai vu que ça plaisait, et depuis cinq ans, je me suis constitué une super communauté", rembobine-t-elle.

Actuellement, ses vidéos d'"arrivage" des magasins sont suivis par pas moins de 326.000 abonnés, ce qui permet à l'influenceuse d'être rémunérée par la plateforme. Dans les rayons, elle est même reconnue par certains clients. "Sur Instagram, YouTube, on la suit, on est au quotidien avec elle", se réjouit l'une d'entre eux. Le centre Lidl, lui, vient de s'offrir une publicité 100% gratuite, de quoi comprendre l'engouement des supermarchés à se faire une place sur les réseaux sociaux.


M.L | Reportage TF1 Matthieu Poissonnet, Corinne Chevreton et Guillaume Vuitton

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