REPORTAGE - Noyades : les pompiers bientôt équipés de drones pour secourir les victimes ?

B.L. | Reportage : Florian Litzler
Publié le 25 décembre 2022 à 21h15, mis à jour le 25 décembre 2022 à 21h58

Source : JT 20h WE

Pour limiter le nombre de noyades, les pompiers de Paris espèrent recevoir le renfort de drones, dès 2024.
Après des tests concluants dans le Nord de la France, il ne manque plus qu'une autorisation de l'État.
Les caméras du 20H de TF1 se sont glissées dans les coulisses de cette nouvelle technologie.

Le pompier du futur n'a jamais été aussi près d'entrer en action. Un drone qui se pilote lui-même. Une véritable sentinelle autonome. Imaginez-la au-dessus de la Seine, en train de larguer une bouée à une personne en train de se noyer. Si cette technologie n'est, pour le moment, pas encore utilisée en conditions réelles, les pompiers mènent des tests dans le nord de la France, à Dunkerque.

Pour parfaire le système, l'aspirant Charles se met à l'eau : il joue la victime dans l'un des derniers essais. Dans un centre de contrôle, le commandant Mathieu, lui, supervise l'exercice et donne le top départ. Les missions du drone-pompier sont multiples : il doit voler jusqu'à la victime, l'identifier tout en choisissant de lui-même le trajet à emprunter. De leur côté, les "vrais" pompiers ne lui indiqueront que la zone qu'il doit atteindre.

Grâce à un logiciel incorporé dans son système, le drone est capable de repérer tout seul une victime dans l'eau. Il envoie alors une alerte au centre de contrôle. Sur un ordre donné par un humain, l'aéronef est capable de lâcher une bouée. Si ce pompier "nouvelle génération" est encore en phase de test, il devrait néanmoins équiper ses premières casernes dès 2024. Pour rappel, selon les derniers chiffres de Santé Publique France, 1.000 personnes meurent par noyade chaque année. Il s'agit même de la première cause de mortalité chez les moins de 25 ans.

Après les noyades, la lutte contre les arrêts cardiaques ?

"Le drone va vite. Il s'affranchit du terrain. Il peut évoluer en ligne droite, là où nos engins sont obligés de prendre la route, là où nos bateaux sont contraints de franchir des écluses", détaille le commandant Mathieu dans ce reportage du 20H de TF1. Les promesses sont fortes : quand il faut quatre à dix minutes pour une ambulance pour rejoindre une victime dans la capitale, il n'en faudra que deux à trois minutes pour le drone. 

Cet atout majeur inspire les pompiers. Ils espèrent pouvoir l'équiper d'un petit défibrillateur. Le dispositif pourrait être posé à proximité d'une personne en arrêt cardiaque, afin qu'un passant puisse s'en servir et tenter de réanimer la victime plus rapidement. "C'est extrêmement simple d'utilisation. Il y a simplement à coller les électrodes [sur le corps de la personne] et suivre les consignes de l'appareil. Il fera l'analyse du patient et dira ensuite que faire", détaille le commandant. 

Chaque année, à Paris, il y a environ 4.000 arrêts cardiaques. Si les drones étaient déployés à grande échelle avec ce dispositif, jusqu'à une personne sur quatre pourrait être sauvée, contre une sur dix actuellement.

Pour le moment, l'ensemble des tests menés par les pompiers sont concluants. La dernière barrière est administrative. Les aéronefs ne sont autorisés à survoler la capitale qu'au-dessus de l'eau, en aucun cas, les habitations. Si la préfecture de police de Paris donnait son feu vert à l'utilisation de ces drones, la brigade des sapeurs-pompiers de Paris serait la première unité de secours au monde à utiliser cette technologie, en zone urbaine.


B.L. | Reportage : Florian Litzler

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